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Améliorer les capacités du Zimbabwe à utiliser efficacement les données ouvertes relatives à la malnutrition

Une solution pour mettre fin à la malnutrition consiste à faciliter l’accès des responsables politiques, des agriculteurs et du secteur privé à des données actuelles et précises, permettant ainsi d’éclairer les interventions et activités en matière d’agriculture et de nutrition.

Le Réseau zimbabwéen pour des politiques fondées sur des données validées (Zimbabwe Evidence Informed Policy Network), avec le soutien de l’Initiative mondiale de données ouvertes pour l’agriculture et la nutrition (GODAN), a mené un atelier de deux jours sur le thème des données ouvertes pour la nutrition et l’agriculture. L’atelier, organisé les 11 et 12 mars 2019 à Harare, au Zimbabwe, avait pour objectif de renforcer les compétences et connaissances des parties prenantes de l’agriculture et de la nutrition afin de les aider à comprendre ce que sont les données ouvertes, quels en sont les avantages et la valeur, et de les sensibiliser aux questions relatives aux droits de propriété intellectuelle et aux droits d’auteur.

Les 12 participants ont été sélectionnés dans de grandes institutions nationales du domaine de l’agriculture et de la nutrition, comme le ministère du Territoire, de l’agriculture, de l’eau, du changement climatique et des établissements ruraux, le Conseil pour l’alimentation et la nutrition du Zimbabwe, le ministère de la Santé, le programme « Scaling Up Nutrition », le Département de la recherche et des services spécialisés, l’Association bancaire du Zimbabwe et l’Union des fermiers commerciaux. Cette diversité de contextes et d’expertises des participants a rendu d’autant plus intéressants les débats sur les données ouvertes et le partage d’expériences en la matière vécues dans de multiples disciplines.

Les animateurs de l’atelier ont appliqué une méthodologie d’apprentissage mixte, qui combine des cadres théoriques avec des travaux pratiques, comme des activités de groupe et des séances de brainstorming. Ils se sont servis des expériences en matière de données ouvertes évoquées par les participants dans un cadre participatif, qui leur a permis d’orienter les activités et d’améliorer les compétences des participants à accéder aux données ouvertes et à les exploiter. Les participants ont été encouragés à émettre un avis critique sur leurs propres compétences et connaissances et celles des autres, et à identifier les domaines perfectibles. Une approche de réflexion a été suivie pendant toute la durée de l’atelier afin de permettre aux participants de bien comprendre comment appliquer ces nouveaux enseignements à leur propre contexte de façon concrète et significative.

Bien que tous les participants n’avaient pas eu de formation préalable sur les données ouvertes, 80 % d’entre eux ont indiqué avoir déjà utilisé des portails et bases de données ouvertes. Dans leur quasi-totalité (98 %), ils ont estimé que les modules consacrés aux principes des données ouvertes, à leur valeur, ainsi qu’à l’octroi de licences et à l’utilisation éthique de ces données étaient les plus intéressants pour leurs activités professionnelles. Enfin, la majorité des participants (65 %) ont exprimé le souhait d’un atelier de formation distinct consacré aux répertoires centraux et à la gestion des métadonnées, ce domaine étant de nature plus technique.

Un nouveau réseau

Un nouveau groupe de travail national sur les données ouvertes pour la nutrition et l’agriculture a été constitué. Il se compose de représentants du ministère du Territoire, de l’agriculture et du changement climatique, du ministère de la Santé et de l’enfance, ainsi que du Conseil pour l’alimentation et la nutrition du Zimbabwe, du Département de la recherche et des services spécialisés (DRSS) et de l’Union des fermiers commerciaux. Ce groupe de travail a pour objectif de promouvoir les initiatives de données ouvertes dans les secteurs de l’agriculture et de la nutrition du Zimbabwe et, partant de là, vise à soutenir les processus et systèmes institutionnels qui facilitent l’utilisation de données ouvertes dans les politiques et la pratique.

Les plans d’action suivants ont été proposés :

  1. Le DRSS élaborera une politique de données ouvertes, mais a besoin de soutien pour travailler sur les processus et systèmes institutionnels qui facilitent l’utilisation de données ouvertes dans les politiques et la pratique. Le DRSS a également besoin d’un soutien sur la meilleure façon de travailler avec les initiatives GODAN et ZeipNET pour développer les compétences et connaissances nécessaires à la création de répertoires centraux de données ouvertes.
  2. Le Conseil pour l’alimentation et la nutrition du Zimbabwe a proposé de créer un répertoire central de données ouvertes afin d’améliorer l’accès aux données ouvertes en matière de nutrition et leur utilisation par toutes ses parties prenantes.
  3. Toutes les institutions ont convenu de nommer des champions des données ouvertes qui plaideront pour l’utilisation de celles-ci dans les politiques et la pratique au sein des secteurs de la nutrition et de l’agriculture.

Selon l’initiative ZeipNET, la promotion des données ouvertes dans les secteurs de l’agriculture et de la nutrition au Zimbabwe, pour s’avérer significative, devra s’accompagner des mesures suivantes :

  • plaidoyer en faveur de l’intégration des questions de données ouvertes dans les cadres politiques et législatifs pertinents ;
  • sensibilisation des leaders institutionnels et engagement à leurs côtés concernant les données ouvertes ;
  • demande de données ouvertes, en particulier de la part des responsables politiques et des praticiens ;
  • dans un premier temps, lancement d’initiatives institutionnelles modestes pour relever les défis pratiques et tangibles des données ouvertes et ainsi démontrer la valeur de celles-ci ;
  • renforcement des compétences et des capacités d’utilisation des données ouvertes dans les organisations et réseaux sectoriels clés ;
  • dialogue permanent sur les données ouvertes : réflexion et partage de connaissances et d’idées notamment sur les nouvelles tendances pour assurer de façon continue la qualité et l’utilisation des données ouvertes ;
  • mise en relation des initiatives institutionnelles pour créer des liens de collaboration et des réseaux fonctionnels de données ouvertes ;
  • approvisionnement en données ouvertes par les institutions gouvernementales et quasi gouvernementales pour une transparence et une responsabilisation accrues, et renforcement de la bonne gouvernance.

Le développement du groupe de travail national est envisagé comme la première étape du travail de sensibilisation aux données ouvertes, de création d’une demande de données ouvertes et de stimulation d’initiatives en la matière dans les secteurs de l’agriculture et de la nutrition au Zimbabwe.

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