Economie verte

Regrouper les connaissances autochtones et scientifiques pour renforcer l’adaptation au changement climatique

Le changement climatique constitue une menace majeure pour la sécurité alimentaire des populations rurales d’Afrique subsaharienne (ASS), où les conditions sont déjà très difficiles. La grande vulnérabilité des communautés rurales de la région s’explique surtout par le fait qu’elles dépendent de l’agriculture pluviale et des ressources naturelles.

Pour améliorer la capacité d’adaptation des agriculteurs d’Afrique subsaharienne et contribuer à protéger leurs moyens d’existence, il est impératif d’exploiter toutes les informations météorologiques et climatiques disponibles afin de les aider à mieux anticiper les risques, tels que la sécheresse ou les inondations, et à y faire face. Il existe deux grandes sources d’information sur le climat : les prévisions météorologiques officielles et les connaissances autochtones. Les premières se fondent sur les connaissances scientifiques et technologiques officielles pour prévoir les conditions climatiques. Les savoirs autochtones concernent en revanche toutes les connaissances accumulées au fil des générations par les communautés autochtones, qui servent de base à leur compréhension de leur environnement immédiat et à leurs interactions avec celui-ci.  Les agriculteurs se fondent sur les connaissances autochtones pour prévoir la météo au cours de la prochaine saison et utilisent ici de nombreux indicateurs environnementaux, comme le moment où certains arbres donnent des fruits ou le comportement des oiseaux et des insectes.

Malheureusement, le changement climatique perturbe le régime habituel des précipitations en Afrique subsaharienne et le comportement de ces indicateurs « autochtones » est de plus en plus imprévisible. Cette méthode de prévision météorologique risque donc de devenir moins fiable. « Il y a donc lieu d’identifier les différentes pratiques autochtones encore utilisées par les petits exploitants pour faire face au changement climatique en Afrique subsaharienne (ASS) et d’examiner dans quelle mesure ces savoirs traditionnels restent pertinents et exploitables dans le contexte actuel, compte tenu de la croissance démographique et du changement climatique, » explique Oluyede Ajayi, co-auteur de Indigenous Knowledge Systems and Climate Change Management in Africa (Systèmes de connaissances autochtones et gestion du changement climatique en Afrique) et coordinateur principal de programme du CTA, en charge du changement climatique.

Combler les lacunes des prévisions scientifiques

Les progrès au niveau des modèles culturaux et climatiques, l’amélioration des technologies de télédétection et l’accès aux bases de données spatiales sur l’environnement ne cessent d’améliorer la précision des prévisions météorologiques. Ces prévisions souffrent toutefois toujours d’incertitudes majeures en ce qui concerne la variabilité intra-saisonnière des précipitations. En outre, elles manquent souvent de précision et ou ne sont pas disponibles en temps réel, ce qui ne permet pas de répondre aux besoins des agriculteurs. En outre, les utilisateurs finaux d’Afrique subsaharienne, tels que les agents de vulgarisation agricole, les agriculteurs, les ONG et les décideurs, ne comprennent pas suffisamment bien les prévisions météorologiques saisonnières, ce qui les empêche d’en tenir correctement compte. Cette situation est liée non seulement à une mauvaise interprétation et une communication insuffisante des prévisions, mais aussi au fait que les agriculteurs n’ont pas suffisamment accès aux semences, aux engrais et aux équipements nécessaires pour s’adapter aux conditions météorologiques attendues.

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