Environnement, Gestion durable des terres

RESTAURATION DES FORETS ET DES TERRES DEGRADEES: « C’est un combat pour notre survie »

 

Les membres du comité national d’organisation de la Journée nationale de l’arbre (JNA) ont été installés, mercredi 26 juin 2019 à Ouagadougou. Installé par le directeur de cabinet du ministre en charge de l’environnement, ledit comité aura la responsabilité de coordonner l’ensemble des tâches qui concourront à la réussite de la JNA et de la campagne de reforestation.

En sa séance du 24 juillet 2018, le Conseil hebdomadaire des ministres a institué la journée nationale de l’arbre pour compter de la campagne de reforestation 2019. Le compte rendu dudit Conseil précise que cette initiative de l’exécutif burkinabè vise à susciter une mobilisation générale de toutes les couches socio-professionnelles du Burkina pour la restauration des forêts et des terres dégradées. Selon les chiffres du ministère en charge de l’environnement, plus de 105 000 ha de forêts sont perdues au Burkina chaque année. Cette situation pourrait s’expliquer sans doute par la dégradation accélérée des ressources naturelles du fait des effets conjugués de la sécheresse, des actions anthropiques destructrices, des émissions de gaz à effet de serre et du changement climatique. Le secrétaire général du ministère en charge de l’environnement, Sibidou Sina, qui dit être conscient de cette situation a indiqué que les campagnes de reforestation lancées chaque année visent à renverser la tendance.  Malheureusement, Sibidou Sina déplore le fait que « les campagnes de reboisement soient peu productives et ne répondent plus à leur objectif premier qui est d’améliorer le taux de couverture végétale de notre pays ». « Les bilans des campagnes de reforestation indiquent que pour la période 2002-2016, les acteurs ont produit annuellement 9 525 105 plants et reboisé en théorie 10 428 ha », a indiqué Sibidou Sina notant que ces chiffres représentent moins de 1/10 des superficies annuellement détruites.  Par ailleurs, il a noté que la majeure partie de ces plantations ne bénéficient pas de mesures de protection et d’entretien appropriées et les opérations de plantation ne font pas toujours l’objet d’un accompagnement technique approprié. Ce qui explique, à l’en croire, les faibles taux de survie des plants mis en terre.

L’institution de cette journée permettra, selon les premiers responsables du ministère de l’environnement, non seulement de créer un engouement populaire pour la plantation, l’entretien et la protection des plants mis en terre, de magnifier l’arbre pour ses multiples fonctions et services socio-économiques et culturels, mais aussi de reconnaitre et récompenser les mérites des acteurs intervenant dans le domaine de la préservation des ressources forestières. « Ladite journée sera célébrée dans toutes les régions, le premier samedi du mois d’août de chaque année, avec un accent particulier dans la région accueillant les festivités du 11 décembre », a fait savoir le secrétaire général du ministère de l’environnement.

Inverser la tendance de la dégradation de l’environnement

Et d’ajouter : « la tenue de l’évènement sera l’opportunité pour les plus hautes autorités du pays de joindre l’acte à la parole, en s’impliquant directement dans les opérations de reforestation sur le terrain, à travers tout le pays ». Cette mobilisation au plus haut niveau, selon lui, devra contribuer à donner un nouveau souffle au référentiel national qu’est le Plan national de développement économique et social dont l’objectif 3.5 est d’inverser la tendance de la dégradation de l’environnement et assurer durablement la gestion des ressources naturelles et environnementales. La première édition de la JNA se tiendra en août à Tenkodogo dans la région du Centre-est. Composé d’une soixantaine de membres, le comité national d’organisation présidé par le ministre en charge de l’environnement, Batio Bassière, aura la responsabilité de « coordonner l’ensemble des tâches qui concourront à la réussite de la JNA et de la campagne de reforestation ». Après l’acte officiel d’installation, le directeur de cabinet du ministre de l’environnement a exhorté les membres du comité à faire preuve d’initiative et d’imagination pour la réussite de cette première édition qui, du reste, sera patronnée par le président du Faso, himself. « Nous ne doutons aucunement de vos compétences. En ce sens, nous vous demandons de faire des propositions innovantes afin que nous puissions sortir des sentiers battus. Il s’agit pour nous de restaurer nos forêts, nos terres dégradées. C’est un combat pour notre survie. Nous devons le gagner. Pour ce faire, soyez imaginatifs », a-t-il lancé.

Par Joël Soré

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