A la uneEnvironnementFlash InfoGestion durable des terres

Foire de l’arbre 2019 : zoom sur l’Initiative de la grande muraille verte

A l’occasion de la journée nationale de l’arbre, une foire est organisée sur la place de la gare routière de Tenkodogo. A cette foire, une soixantaine d’exposants sont venus de toutes les régions du Burkina pour présenter leurs différentes spécialités en matière de production forestière et environnementale. Zoom sur l’Initiative de la grande muraille verte qui a fait de la récupération des terres dégradées son cheval de bataille.

L’Initiative de la grande muraille verte pour le Sahara et le Sahel (IGMVSS) est née en 2005 à l’occasion de la 7e session des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté des Etats sahélo-sahariens qui s’est tenue à Ouagadougou. A l’origine, il s’agissait d’ériger une barrière d’arbres longue de 7000 km environ sur une largeur de 15 km allant de Dakar à Djibouti. Désormais, cette idée a évolué. Il s’agit maintenant pour chaque pays, au lieu que d’ériger un mur de végétation, de conceptualiser plutôt l’Initiative en fonction de ses réalités. Depuis son lancement, le Burkina Faso a adhéré à cette Initiative car « la dégradation des terres touche 34% du territoire national soit 99 234 000 ha. Une progression estimée à environ 105 000 à 250 000 ha par an ces 10 dernières années ». Plusieurs techniques sont mises en œuvres pour inverser la tendance.

Le coordonnateur de l’IGMVSS, Adama Doulkom

Le Burkina a décidé de mettre l’accent sur la récupération des terres dégradées à travers la technique du zaï, des cordons pierreux et autres. Pour ce faire, l’IGMVSS collabore avec des ONG, des collectivités, les populations et des associations qui ont pour cheval de bataille la récupération des terres dégradées et le reverdissement du Burkina.

« Nous avons l’obligation de suivre ce processus car il n’y a pas un retour en arrière »

Au Burkina, l’Initiative intervient prioritairement dans les régions du Sahel, du Nord, du Centre-nord, du Plateau central et de l’Est à travers des actions curatives. Elle intervient également dans des zones affectées dans les autres régions par des poches de dégradation des terres à travers des actions préventives pour éviter une dégradation prononcée des terres. En clair, l’Initiative de la grande muraille verte pour le Sahara et le Sahel (IGMVSS) se veut une réponse politique forte aux graves défis posés par la désertification, la dégradation des terres, la perte de la biodiversité ainsi que le changement climatique dans la bande sahélo-saharienne.En outre, l’Initiative vise à augmenter durablement la production agrosylvopastorale pour permettre la résilience des exploitants familiaux face aux changements climatiques dans le cadre de l’IGMVSS pour 50 000 ménages dans 4 régions du Burkina.

Le ministre de l’environnement Nestor Bassière et sa délégation visitant le stand de l’IGMVSS à l’occasion de la foire de l’arbre

Pour réussir sa mission, l’IGMVSS s’est dotée d’un Plan d’actions. « A l’intérieur de l’initiative, il y a des projets qui sont mis en œuvre : projet renforcement de capacité, projet action contre la désertification, le projet fleuve, etc… », a précisé Adama Doulkom, coordonnateur de l’IGMVSS. Sur le terrain, la structure a commencé ses actions en 2014. Et de cette date à aujourd’hui, les résultats forcent l’admiration. « Nous avons plus de 18 000 hectares de terre déjà traitées », a déclaré Adama Doulkom qui indique que le processus de récupération des terres est toujours en cours. « La récupération des terres n’est pas ponctuelle. Une terre récupérée est une terre qui a retrouvé sa plénitude en terme de production et de productivité.Nous avons l’obligation de suivre ce processus car il n’y a pas un retour en arrière », a fait savoir le coordonnateur de l’IGMVSS qui est convaincu qu’il est possible de récupérer les terres qui n’étaient pas dans le système de production et de reverdir le Sahel.

« Il est donc temps que chacun s’engage pour qu’on puisse avoir un Burkina reverdit »

Cette foire organisée dans le cadre de la journée nationale de l’arbre apparait comme une tribune pour l’Initiative non seulement de mieux faire connaitre ses objectifs, mais surtout d’interpeller l’ensemble des acteurs sur leurs responsabilités ainsi que les défis liés à la désertification. « On pense que le message que nous donnerons aux visiteurs va leur permettre de revoir leur façon d’intervenir dans le domaine de l’environnement.  Le thème de cette JNA est extrêmement évocateur. Chacun a une part de responsabilité dans la désertification. Il est donc temps que chacun s’engage pour qu’on puisse avoir un Burkina reverdit », a martelé Adama Doulkom. Débutée jeudi 8 août 2019, la foire de l’arbre devra refermer ses portes 3 jours après.
Par Daouda KINDA
lemonderural.com
lemonderuralinfos@gmail.com

Comment here