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Maladie de Newcastle et variole aviaire au Burkina: vaste « offensive » contre ces ravageurs qui déciment « nos poulets bicyclettes »

Le ministre des Ressources animales et halieutiques, Sommanogo Koutou, a lancé officiellement la campagne 2019-2020 de vaccination contre la maladie de Newcastle et la variole aviaire, le vendredi 18 octobre 2019 à Garango dans la région du Centre-est.

La maladie de Newcastle, en avez-vous déjà entendu parler ? Encore appelée pseudopeste, cette maladie, selon les spécialistes en santé animale et aviaire, est une maladie virale affectant les oiseaux sauvages et domestiques tels que les poulets, les pintades, les dindes et les pigeons. Cette pathologie longtemps confondue avec l’Influenza aviaire ou grippe aviaire (les symptômes sont identiques), se manifeste par des atteintes des systèmes digestif, hormonal, nerveux et musculaire. Lorsqu’il est atteint, l’oiseau présente des signes de dépression (atonie, perte d’appétit, chute de la production d’œufs et coquilles rugueuses et fines, contenant un albumen clair et liquide) accompagnés de problèmes de posture (les ailes tombent et traînent le long du corps, l’animal traîne les pattes est indolent). Par la suite, l’oiseau tourne en rond, avec la tête qui oscille, le cou qui se tord, des torticolis avant que le corps se tétanise.

Sommanogo Koutou a invité les différents acteurs à soutenir la mise en œuvre des activités prévues

Après quoi l’oiseau meurt rapidement, probablement par asphyxie. Cette maladie qui décime entièrement des poulaillers est considérée par l’Organisation mondiale de la santé animale comme « un danger sanitaire de 1ere catégorie (ancienne maladie réputée contagieuse) ». Comme dans les autres pays, au Burkina Faso, s’il y a une maladie qui inquiète les techniciens d’aviculture, c’est bien la maladie Newcastle, indique le directeur du centre de promotion de l’aviculture villageoise. Docteur Seydou Ouattara précise que lorsqu’elle survient dans un site d’élevage où les sujets ne sont pas vaccinés, la maladie peut décimer entre 80 et 100% des effectifs. Si fait que le « poulet bicyclette », qui de plus en plus devient « une marque déposée » du Burkina peine à connaitre un essor. Pour minimiser les pertes liées à cette pathologie, le Ministère des Ressources animales et Halieutiques initie chaque année, une campagne nationale de vaccination. « Ces campagnes constituent des rappels à une prise de conscience pour éviter toutes situations dramatiques », souligne le ministre en charge des Ressources animales, Sommanogo Koutou qui constate malheureusement qu’en dépit de ces rappels annuels, le taux de couverture vaccinale contre la maladie de Newcastle est bas soit 52,79%.
A l’occasion du lancement de « offensive » contre la maladie de Newcastle intervenue à Garango dans la région du Centre-est, vendredi 18 octobre 2019, le ministre Koutou a fortement interpelé les différents acteurs à s’engager résolument dans la riposte afin de réussir la lutte contre la pathologie.Cette année, la campagne prend en compte la variole aviaire qui affecte davantage le cheptel aviaire et dont la couverture vaccinale en 2018 était d’à peine 1%. « Notre objectif est de vacciner pour la présente campagne 65% de l’effectif de volaille contre la maladie de Newcastle et 2,5% contre la variole aviaire », déclare le ministre burkinabè des Ressources animales. « L’activité avicole est en pleine expansion dans notre commune », assure Ignace Zigani, vulgarisateur volontaire villageois (VVV). « Nos frères aventuriers reviennent s’essayer à l’aviculture et ça marche pour eux. Ce qui nous fatigue c’est la variole aviaire dont le vaccin n’est pas à la portée des petits exploitants. Il y a aussi le Coryza aviaire dont le vaccin n’est pas disponible au niveau local », poursuit-il avant de saluer l’organisation de cette campagne qui devra, selon lui, permettre de lutter contre la maladie.

Les agents et VVV ayant fourni les meilleurs résultats ont reçu  des prix en nature et en espèce

Devant une population de Garango fortement mobilisée, Sommanogo Koutou a invité les différents acteurs que sont les éleveurs, le personnel d’encadrement technique, les vétérinaires privés, les VVV, les projets et les ONG à soutenir la mise en œuvre des activités prévues.
Cette cérémonie a été une aubaine pour les premiers responsables du MRAH d’encourager les agents et VVV ayant fourni les meilleurs résultats à travers des prix en nature (glacière, vaccin, motocyclette) et en espèce. En rappel, au Burkina Faso, le secteur de l’élevage occupe une place prépondérante dans l’économie nationale. Il est pratiqué par près de 86% de la population active, et contribue à hauteur de 18 % au PIB et de 26% aux recettes d’exportation.

Par Daouda KINDA
lemonderural.com

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