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ACTIVITES PISCICOLES AU BURKINA FASO: le Ministre Koutou sur le terrain au centre-est

La pisciculture, longtemps laissée en rade par nos entrepreneurs ruraux, est en plein essor. De plus en plus, des acteurs sollicitent le ministère des ressources animales et halieutiques à travers la direction générale des ressources halieutiques pour mettre en route leur projet piscicole. Parallèlement, l’Etat alloue des ressources financières assez considérables au titre du développement des activités halieutiques (pisciculture et aquaculture).
Pour prendre le pool du niveau d’engagement des acteurs, le ministre Sommanogo Koutou a mis le cap sur la région du Centre-est, plus précisément à Bagré Pole et à Tenkodogo pour constater de visu les fruits du labeur des pisciculteurs de cette partie du Burkina. Souleymane Yougbaré, le marché de poissons de Bagré Pôle, le Centre d’élevage piscicole de Bagré Pôle et la ferme pastorale moderne de Tenkodogo ont tour à tour reçu la délégation ministérielle dans leurs exploitations. C’était le jeudi 17 octobre 2019.

Pour prendre le pool du niveau d’engagement des acteurs, le ministre Sommanogo Koutou a mis le cap sur la région du Centre-est

N’ayons pas peur des mots. La filière piscicole constitue de nos jours un espoir certain pour celles et ceux qui ont décidé d’y consacrer leurs énergies et intelligences. Déjà en 2013, mu par le potentiel aquacole de notre pays, le Gouvernement adoptait la politique nationale de pêche et d’aquaculture dont la vision est la suivante : « un sous-secteur porté par des acteurs privés dynamiques, qui contribue par une gestion durable de la pêche et de l’aquaculture à la sécurité alimentaire et au développement du secteur rural ».
Par ailleurs, le Programme présidentiel 2016-2020 dans le domaine des ressources halieutiques décliné à travers le Plan national de développement économique et social (PNDES) préconise trois mesures : Accroître la production domestique du poisson de 20.000 tonnes à 30.000 tonnes ; Former et renforcer les capacités des acteurs de la pêche et de l’aquaculture ; Financer le sous-secteur des ressources halieutiques et aquacoles.
En 2018, ce sont 9.750.000 alevins de tilapia et 300.000 alevins de silures qui ont été produits. 20 plans d’eau ont été empoissonnés. La production halieutique pour la même année est estimée à 27.700 tonnes dont 420 tonnes de poissons marchands produits par des promoteurs privés.
Or la consommation nationale au cours de la même période est évaluée à plus de 120.000 tonnes. Ce qui signifie en français facile que nous ne produisons qu’à peine le cinquième de nos besoins en produits halieutiques. Autrement, les efforts doivent être intensifiés pour inverser cette tendance à l’importation de poissons. C’est fort de cette réalité que le Ministre Sommanogo Koutou a voulu non seulement encourager les promoteurs du sous-secteur mais aussi les écouter pour identifier avec eux les actions stratégiques qui répondent avec précision à leurs besoins, le tout devant concourir à un accroissement de la production nationale.
Premeir site en ce jeudi 18 octobre 2019, celui de Souleymane Yougbare à Bagré Pôle
Désigné meilleur promoteur au salon de la créativité et de l’innovation au dernier forum national des jeunes de Bobo-Dioulasso en septembre 2019, , il a, par ailleurs, été lauréat d’une attestation de mérite du Ministère de la Jeunesse et de la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes.
C’est avec le soutien du Ministère des ressources animales et halieutiques qu’il s’est installé à son propre compte dans la pisciculture. En 2018, sa production a été évaluée à 5 tonnes de tilapia (carpe) et 3,8 tonnes de clarias (silure ), le tout d’une valeur de plus de 11 millions de FCFA.
Face à la délégation ministérielle, Mr Yougbare a énuméré néanmoins des contraintes majeures qui, si elles sont levées, permettraient une plus grande productivité de son activité : prix élevé de l’aliment poisson du fait de l’absence de la subvention publique, accès difficile au financement, faible organisation des acteurs, etc.
Autre site, autre réalité. Le second site visité a été celui du marché de poissons de Bagré Pôle. Faut-il le rappeler, la chaîne piscicole est basée sur trois triptyques tout aussi importants les uns que les autres. Au cœur de cette chaîne se trouve la transformation en majorité opérée par des femmes.
En raison du potentiel piscicole du site, Bagré Pôle a construit un marché de poisson qui, aujourd’hui grâce au concours d’un autre partenaire, compte 40 boutiques.
Plusieurs dizaines de femmes font de la transformation du poisson leur activité génératrice de revenus. Elles y excellent du fait de la présence des pêcheurs qui approvisionnent le marché.
Pour Alima Diabo, représentante de ce groupement de transformatrices, même si elles y gagnent leur vie, il serait souhaitable qu’elles bénéficient du matériel de froid pour la qualité du poisson fumé. Elle a également sollicité la création d’un centre de formation en transformation de poisson pour leurs membres.
Du côté des pêcheurs, par la voix de Hamado Bebané, l’aspiration pressante est la création d’un village des pêcheurs.
Le troisième site visité est le Centre d’élevage piscicole, toujours à Bagré Pôle. C’était un joyau au cœur du dispositif de promotion de la filière piscicole au Burkina Faso. Son ambition est de produire du poisson marchand, des alevins et d’assurer la formation aux métiers de la pisciculture
Aujourd’hui même si les installations restent intactes, notamment les étangs, le personnel, les bâtiments, le centre d’élevage piscicole n’est plus dans la dynamique qu’il s’était fixé à sa création.
Toutefois, l’espoir est permis avec la relance amorcée ces derniers temps avec l’appui du Ministère des ressources animales et halieutiques.
Sur place, c’est une équipe dirigée par Omar Sirima qui concentre ses efforts pour assurer le grossissement d’alevins gracieusement offerts par la Côte d’Ivoire.
À son arrivée, le Ministre des ressources animales et halieutiques, Sommanogo Koutou, et sa délégation ont eu droit à une visite du site : étangs et usine de fabrique d’aliments poisson.
Le quatrième et dernier site qui a accueilli le ministre et ses collaborateurs fut de celui de la ferme moderne pastorale de Marcel Minoungou à Tenkodogo. Créé en 2010, ses principales productions sont des œufs, du poisson, du miel, des porcs et des fruits. Véritable poumon vert à la sortie de Tenkodogo vers Koupela, c’est une ferme écologique fièrement bâtie qui a également pour vocation de lutter contre le changement climatique. Avec un chiffre d’affaire de 18 millions en 2018, cette ferme s’est inscrite également dans la formation à travers des stagiaires qui lui sont envoyés par diverses structures publiques et privées.
Pour son responsable, ses principales difficultés ont trait à l’enchérissement du cout de l’aliment et à celui de l’énergie.

A tous ces promoteurs et acteurs, et tout en invitant chacun à garder le cap, Sommanogo Koutou a indiqué que le fond de promotion de l’aquaculture sera bientôt une réalité en même temps que de nouvelles solutions viendront avec la banque agricole du Faso. Par ailleurs du matériel de pointe pour la fabrication de l’aliment a été annoncé aux deux promoteurs privés qui pourraient ainsi amoindrir le coût des facteurs de production.
Dans ses encouragements à ces créateurs de revenus au marché de poissons, Sommanogo Koutou, ministre des ressources animales et halieutiques, a procédé à une remise symbolique de matériels conventionnels de pêche composés de filets, de balance, de hameçons, de grillages et de matériels de froid.
De nouvelles pistes ont été identifiées, notamment le réseautage, pour constituer des groupes homogènes pouvant plaider pour un accès aisé aux crédits auprès des institutions de microfinances
L’appui du gouvernement restera constant de l’avis du ministre. Mais il est tout aussi important que de part et d’autre, chaque partie prenne des initiatives pour qu’ensemble la filière connaisse son essor, a suggéré le ministre.
S’agissant spécifiquement du centre piscicole, quelques pistes de réflexion en cours permettront sans doute, à en croire le ministre, de redorer le blason du centre.
Certes, cette sortie n’a pas la prétention de résoudre lever toutes les contraintes exprimées ; mais elle a eu le mérite de rencontrer des acteurs convaincus, qui se battent de toute leur force pour faire de la pisciculture un véritable outil d’émancipation financière et économique au profit de ses acteurs.
Et cela, le ministre Koutou l’a vécu, senti et l’a relevé à chaque étape de ses interventions.
Du coté des promoteurs visités, c’est surtout la proximité et l’écoute de l’autorité qui constituent un adjuvant pour la poursuite de leurs activités.
Nul doute que le prochain gros dossier dans le sous-secteur piscicole va concerner la subvention de l’aliment poisson, grosse épine aux pieds de ces milliers de promoteurs piscicoles.
DCPM/MRAH

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