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Burkina : Excursion dans le centre de promotion agro écologique de l’ONG APIL

Au Burkina Faso, l’ONG APIL (Action pour la promotion des initiatives locales) à travers son centre de promotion agro écologique et de promotion des initiatives économiques (CPAEIE) veut donner une réplique aux modes de production itinérante préjudiciables à l’environnement. Ce centre nous a ouvert ses portes, mercredi 6 août 2019, à l’occasion d’une caravane de presse organisée par l’Initiative de la grande muraille verte pour le Sahara et le Sahel (IGMVSS).

Selon les chiffres des services du ministère de l’environnement du Burkina « la dégradation des terres touche 34% du territoire national soit 99 234 000 ha ». Chaque année, et ce depuis ces 10 dernières années, précisent-ils, le Burkina Faso perd environ 105 000 à 250 000 ha par an. Pour inverser la tendance, plusieurs techniques appuyées par l’Initiative de la grande muraille verte pour le Sahara et le Sahel (IGMVSS) (créée en 2005 à l’occasion de la 7e session des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté des Etats sahélo-sahariens qui s’est tenue à Ouagadougou) ont été mises en œuvre par plusieurs ONG, collectivités et associations. Tous ont un seul objectif : gagner la bataille contre la désertification. Basée à Ziniaré (à une cinquantaine de kilomètre de Ouagadougou), l’ONG APIL qui intervient dans les régions du Centre-nord, du Plateau central et du Centre concentre ses actions, entre autres, dans la gestion durable des terre, l’agroécologie, l’économie verte, la sécurité alimentaire et l’égalité des genres. Les premiers responsables de l’ONG estiment que « la prise en compte de l’environnement et du changement climatique invite à améliorer nos pratiques agricoles » en polluant moins les sols et en réduisant l’utilisation des pesticides. Ils affirment que la dégradation prononcée de nos terres invite à l’élaboration de systèmes agricoles innovants qui puisse répondre de façon prospective à une meilleure gestion des sols, des eaux, des paysages, mais aussi à la préservation des savoir-faire en intégrant les avancées agronomiques et la situation socioéconomique des agriculteurs. « De plus le consommateur est aujourd’hui nettement plus averti et sensibilisé à son empreinte écologique qu’il y a encore 10 ans (emballages jetables, origine des produits, pesticides, semences paysannes… qui sont aujourd’hui des problématiques qui lui sont familières). De plus en plus de personnes sont demandeuses de produits locaux et de qualité et souhaitent voir une agriculture plus cohérente vis à vis de l’humain et de la nature. Ces attentes du consommateur sont autant de contraintes qui nous poussent à reconsidérer l’ensemble d’un système agricole, depuis la production jusqu’à la commercialisation », soutiennent Abdoulaye Ouédraogo, coordonnateur de l’ONG et son équipe de 70 membres.

Abdoulaye Ouédraogo, coordonnateur de l’ONG APIL

Et d’ajouter que c’est « conscient de cette situation que l’ONG APIL en plus de ces nombreuses années de lutte pour l’agro écologie, a eu l’idée de créer un lieu de valorisation des innovations techniques en agro écologie, applicables en milieu paysan, au bénéfice d’un public plus large ». Dénommé Centre de promotion agro écologique et de promotion des initiatives économiques, le CPAEIE est une unité de production diversifiée, conçue dans l’optique de trouver des alternatives aux modes actuels d’organisation des activités de production en milieu rural. En excursion dans ledit centre, nous découvrons que sur un même espace l’ONG pratique des activités agricoles, maraichères, apicole et d’élevage. Et bientôt des activités piscicoles seront pratiquées, affirme la chargée de communication de l’ONG. D’une superficie de 7 ha et situé dans le village de Bissiga, commune de Zitenga, le Centre a pour objectif de donner une réplique aux modes de production itinérante préjudiciables à l’environnement. Dans ce complexe agro-Sylvio-pastoral, trois principaux programmes sont mis en avant, explique Abdoulaye Ouédraogo qui s’est proposé d’être lui-même notre guide. Il s’agit de la production intégrée qui vise l’expérimentation et la vulgarisation des modes d’organisation des activités de production (agriculture, maraichère, élevage, apicole pisciculture…) novateurs ; la formation professionnelle qui est un dispositif d’accompagnement visant à introduire l’innovation technique et technologique en milieu rural ( Il est destiné aux jeunes déscolarisés et personnes désirant faire carrières dans le métier) et la diffusion des pratiques agro écologiques et promotion des produits naturels qui fait du centre un lieu démonstration et de diffusion de pratiques agro écologiques.

Ce centre qui allie théorie et pratique est un véritable creuset d’apprentissage des techniques agricoles

Foi des responsables de l’ONG, les actions et les retombées du centre sont destinées aux communautés locales des 16 villages environnants de Bissiga. Ce centre qui allie théorie et pratique est un véritable creuset d’apprentissage des techniques agricoles. Pour la phase théorique, le centre dispose d’une salle de formation d’une capacité de 100 places avec une crèche afin de permettre aux participantes qui ont des enfants d’avoir l’esprit tranquille pour bien suivre les séances de formation. Les différents travaux en phase pratique sont effectués dans les unités de production que sont l’agroforesterie, le maraichage, le compostage, l’apiculture, l’élevage, la pépinière, les magasins de stockage. « Nous avons pour principale mission de faire en sorte que les populations avec qui nous travaillons soient autonomes techniquement, financièrement et matériellement », assure le coordonnateur de l’ONG APIL.
Par Daouda KINDA
lemonderural.com

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