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Protection de l’environnement : le Théâtre Forum comme « arme » de l’Initiative de la grande muraille verte

Convaincue que la préservation de la biodiversité passe nécessairement par la sensibilisation du citoyen, l’Initiative de la grande muraille verte pour le Sahara et le Sahel (IGMVSS) a initié une campagne de sensibilisation par le biais du Théâtre Forum.

Les premiers responsables de l’Initiative estiment que cette forme de communication peut être une arme efficace dans la lutte pour la gestion durable des terres et la protection de l’environnement. A cet effet, c’est dans la commune de Ziniaré, mercredi 6 novembre 2019, que l’IGMVSS a jeté les jalons d’une nouvelle dynamique d’éveil de conscience sur les problématiques environnementales. Fils et filles de la commune, sensibles au phénomène de la désertification, ont effectué le déplacement à place du marché de Ziniaré pour assister à la représention théâtrale donnée par la troupe du « progrès ». Pour les premières autorités de la commune cette initiative est novatrice et porteuse d’un message fort à même d’insuffler une dynamique nouvelle . «  Nous apprécions cette initiative à sa juste valeur, car le théâtre au-delà de son aspect récréatif, informe, éduque et sensibilise les populations. Il faut reconnaitre que le phénomène de la désertification est réel et que chacun est interpellé», a déclaré Mouni Zongo, deuxième adjoint au maire de Ziniaré.
Pendant près de 2 heures, la troupe théâtrale, à travers des thématiques sur la gestion durable des terres et la lutte contre la désertification a tenu en haleine ces spectateurs captivés, qui sont restés jusqu’à la tombée de la nuit.

Pendant près de 2 heures, la troupe théâtrale, à travers des thématiques sur la gestion durable des terres et la lutte contre la désertification a tenu en haleine ces spectateurs captivés

Venu assister à la pièce, Josué Sawadogo, élève en classe de 4e a émerveillé le public tant il avait la maîtrise du sujet. Les techniques du zaï, des demis lunes, des cordons pierreux et le reboisement n’ont plus de secret pour lui. « Je pense qu’il serait judicieux d’étendre ce type de sensibilisation dans les autres régions et dans les localités les plus reculées afin d’attirer l’attention des populations sur la déforestation et la dégradation des sols», a-t-il suggéré. « Si rien n’est fait, je pense que dans les prochaines années nous assisterons à la disparition de certaines espèces et à l’avancée du désert. Pour cela, je lance un appel aux populations afin qu’elles s’approprient les bonnes pratiques de préservation de l’environnement », a-t-il ajouté.
A l’issue de cette représentation, au regard de l’enthousiasme et des réactions des spectateurs, qui se sentent dorénavant concernés par les problématiques environnementales, les promoteurs disent être satisfaits.

Les officiels lors du lancement de la campagne de sensibilisation

Foi du responsable de la communication de l’initiative de la grande muraille verte, Fabrice Bazié, cette campagne de sensibilisation dont le lancement est intervenu dans la cité de Naaba Oubri, va s’étendre sur toute la zone d’intervention de l’IGMVSS.
Dans la région du Plateau central, l’initiative de la grande muraille est pilotée par la Direction régionale de l’environnement. Louis Ouédraogo, directeur régional de l’environnement du Plateau central, est formel. Pour lui, il est primordial d’inverser les tendances de la dégradation des ressources naturelles pour gagner le combat de la reforestation pour l’atteinte de la sécurité alimentaire et la lutte contre la pauvreté. « Il faut freiner la dégradation et la désertification par la vulgarisation des bonnes pratiques de gestion durable des terres. Il n’y plus de négociation, il faut inciter les populations à un changement de mentalités et à emboîter le pas de Yacouba Sawadogo » , a-t-il martelé. L’Initiative de la grande muraille verte pour le Sahara et le Sahel (IGMVSS) se veut une réponse politique forte aux graves défis posés par la désertification, la dégradation des terres, la perte de la biodiversité ainsi que le changement climatique dans la bande sahélo-saharienne. L’idée d’ériger une barrière d’arbres longue de 7000 km environ sur une largeur de 15 km allant de Dakar à Djibouti a germé à Ouagadougou en 2005 à l’occasion de la 7e session des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté des Etats sahélo-sahariens. Cette idée soumise par l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo visait à répondre à une préoccupation majeure : Comment contrer l’avancée fulgurante du désert ? Au Burkina Faso, les résultats atteints par l’IGMVSS entre 2011 et 2016 forcent l’admiration. En effet, 18 122 ha de terres dégradées ont été récupérés, 14 600 000 plants ont été produits, 19 750 ha ont été reboisés, 27 000 tonnes de produits forestiers non ligneux ont été produits.

Par Ibrahim KABORE

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