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Protection sociale et sécurité alimentaire et nutritionnelle : quelle synergie pour renforcer les moyens d’existence des populations?

La 11e session ordinaire de l’Assemblée générale du Conseil national de sécurité alimentaire (AG/CNSA) s’est tenue, lundi 23 décembre 2019 à Ouagadougou sous le thème : « protection sociale et sécurité alimentaire et nutritionnelle : quelle synergie pour renforcer les moyens d’existence des populations notamment dans un contexte d’insécurité ». Cette rencontre a été présidée par le Premier ministre, Christophe Marie Joseph Dabiré

Depuis 2015, le Burkina fait face à une situation sécuritaire délicate marquée par de nombreuses attaques terroristes, lesquelles entrainent des déplacements massifs des populations et la fermeture de certains services sociaux de base. Cette situation déjà préoccupante a entrainé une crise humanitaire au Burkina Faso. Pour faire face à cette crise, le gouvernement burkinabè et ses partenaires ont mis en œuvre plusieurs actions pour apporter du réconfort et de l’aide aux personnes indigentes. Entre autres, peut-on noter, la Politique nationale de protection sociale adoptée en 2012 et la Politique nationale de sécurité alimentaire et nutritionnelle adoptée en 2018. Malgré les actions mises en œuvre, la situation que traverse le pays nécessite un changement de stratégies dans la lutte contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle. C’est du moins ce que pense le Chef du gouvernement, Christophe Marie Joseph Dabiré, qui souligne l’urgence de « prévoir, planifier et réduire les risques liés aux attaques terroristes » pour mieux protéger les populations et leurs moyens de subsistance, en renforçant leur résilience. Il est impératif, a-t-il insisté, d’engager des réflexions profondes sur la conception et la mise en œuvre de stratégies idoines à même d’assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans les zones fragiles. Selon lui, l’un des grands défis auxquels les dispositifs de protection sociale et de sécurité alimentaire font face et l’un des principaux déterminants de leur réussite est l’élaboration et l’exploitation rationnelle d’outils pertinents. Cette assemblée générale, faut-il le rappeler, est placée sous le thème : « protection sociale et sécurité alimentaire et nutritionnelle : quelle synergie pour renforcer les moyens d’existence des populations notamment dans un contexte d’insécurité ». Selon le ministre en charge de l’agriculture, Salif Ouédraogo, ce thème traduit l’engagement des acteurs du dispositif national de sécurité alimentaire de souligner les complémentarités entre la sécurité alimentaire, nutritionnelle et la protection sociale à l’effet de définir des orientations pour améliorer les interventions en matière de constitution et de protection des moyens d’existence des populations. Au cours de cette rencontre, les techniciens du ministère en charge de l’agriculture ont indiqué que cette année la campagne agricole s’est installée de manière tardive dans plusieurs régions. Ils ont également révélé que « des attaques de chenilles légionnaires sur environ 94000ha, des inondations et des séquences sèches » ont marqué la campagne. Au titre de la campagne agricole de saison humide 2019-2020, la production céréalière prévisionnelle est estimée à 5 029 321 tonnes, soit une légère baisse de 2,92 % par rapport aux résultats de la campagne agricole écoulée et une hausse de 11,91% comparativement à la moyenne des cinq dernières années.

Les participants à l’Assemblée générale

La production des autres cultures vivrières estimée à 816 981 tonnes, est en baisse de 3,54% par rapport à la campagne passée et en hausse de 11,06% par rapport à la moyenne quinquennale. La production totale des cultures de rente de la campagne agricole 2019-2020 est évaluée à 1 375 709 tonnes, soit une hausse de 25,38% par rapport à la production définitive de la campagne passée. Les taux de couverture des besoins céréaliers montrent que 21 provinces sont excédentaires, 07 provinces sont en situation d’équilibre et 17 provinces sont déficitaires. Cependant, au plan national on note un excédent brut de 204 626 tonnes. En prenant en compte les prévisions d’importations et d’exportations, l’excédent net s’établit à 888 273 tonnes. Le nombre de personnes ayant besoin d’une assistance immédiate s’établit à un million deux cent dix-neuf mille (1 219 000). Et si rien n’est fait, ce chiffre pourrait passer à un million sept cent quatre-vingt-six mille six cent (1 786 600) personnes. Mais le directeur général des études et des statistiques sectorielles du ministère en charge de l’agriculture est confiant. « L’état va réaliser des actions avec ses partenaires pour que cela n’arrive pas », a-t-il assuré. Au cours de la rencontre, les acteurs de la société civile ont suggéré au gouvernement de renforcer la sécurité des zones humanitaires afin que ceux-ci puissent offrir l’assistance adéquate aux personnes vulnérables, renforcer les services sociaux de base et doter suffisamment les forces de défense et de sécurité. En outre, ils ont invité les acteurs en charge de la sécurité humanitaire et nutritionnelle à une meilleure collaboration et une concertation des acteurs sur le terrain afin de coordonner au mieux les différentes interventions. Pour leur part, les partenaires techniques et financiers ont réitéré leur engagement à accompagner le gouvernement à faire face à l’insécurité alimentaire. La rencontre présidée par le chef du gouvernement réunit tous les acteurs de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, les membres du gouvernement, les gouverneurs et des acteurs de la société civile.

Par Daouda KINDA

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