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Ressources animales et halieutiques : Sommanogo Koutou dresse son bilan

Pour exercer son devoir de redevabilité qui consiste à dresser le bilan de son département, le ministre Sommanogo Koutou, en charge de conduire la politique gouvernementale dans le secteur des ressources animales a voulu rompre avec la routine. En lieu et place d’une salle climatisée de la capitale, c’est au bord d’un des bassins piscicoles du Centre d’expertise et de production de poisson du Faso (CEPROP-FASO) que le ministre des Ressources animales et halieutiques a fait état, samedi 28 décembre 2019, de la quintessence des réalisations sur le terrain, des projets en cours et des perspectives de son département.

Dans son programme, le Chef de l’État, Roch Marc Christian Kaboré s’est engagé à mener moult actions en vue d’intensifier le secteur animale et halieutique qui, rappelons-le, est le 3e pourvoyeur de richesse du Burkina après l’or et le coton. Au nombre de ces engagements, il y a l’amélioration de la santé animale et de la santé publique vétérinaire par le renforcement du cadre législatif et règlementaire, la prévention et la riposte contre les maladies animales prioritaires; l’accroissement de la production domestique du poisson de 20 000 tonnes à 30 000 tonnes à l’horizon 2020 ; l’intégration de l’aquaculture aux aménagements hydro-agricoles ; l’incitation au Partenariat public-privé (PPP) pour stimuler le sous-secteur de l’élevage et des productions halieutiques; le réaménagement et l’exploitation du «forage Christine» dans une vision intégrant les différents usages de l’eau dans la région du Sahel; l’amélioration et l’intensification de l’intégration Agriculture-Elevage.

C’est ici, dans le Centre d’expertise et de production de poisson du Faso (CEPROP-FASO) que…

En outre, et conformément à l’axe 3 du PNDES, « développer les secteurs porteurs pour l’économie et l’emploi », l’objectif stratégique 1 décline les ambitions du Burkina en matière d’élevage ; il sagit de : « développer un secteur agrosylvopastoral, halieutique et faunique, productif et résilient, davantage orienté vers le marché ».

Zoom sur les acquis

Et pour atteindre les objectifs et les ambitions affichés par le Burkina, le ministère en charge des ressources animales affirme avoir mené depuis 2016, de nombreuses actions dans les domaines de la sécurisation et gestion durable des ressources pastorales ; la productivité et compétitivité des productions animales ; la santé animale et santé publique vétérinaire ; le développement des ressources halieutiques ; le soutien et le pilotage, lesquelles ont permis d’engranger de nombreux résultats. Entre autres, il y a le financement de 2068 projets au profit de 2.519 bénéficiaires pour un montant cumulé de 2 429 902 975 FCFA (Etat et partenaires) ; l’organisation du 1er Salon de l’élevage du Burkina Faso (SABEL) en novembre 2018 ayant regroupé plus de 195 exposants, plus de 25 000 visiteurs reçus, plus de 600 contrats d’affaires et environ 62 000 000 de francs en ventes directes sur le site sans omettre que la première édition du SABEL a engendré près de 3,2 milliards de chiffres d’affaires contactés.

…le ministre Sommanogo Kourou et…

Au chapitre de la mobilité des agents du département, le ministre a souligné que 362 motos et 18 véhicules ont été acquis. Egalement plusieurs voyages d’études en France, en RCI, au Mali, au Ghana, en Egypte et en Israël ont été effectués pour offrir l’opportunité aux agents d’avoir d’autres expériences. Par ailleurs, le ministre Koutou a noté le lancement de 04 projets (PRAPS, PADEL-B, PDPS et Revap BKF 024) de près de 90 milliards de FCFA ; la réalisation de la phase de collecte de la première Enquête nationale sur le cheptel (ENC1) ; la formation de 78.998 producteurs dont 12.348 femmes et 10.752 jeunes ; l’appui à plus de 30 foires ou journées promotionnelles de filières animales organisées par les Collectivités territoriales ; l’organisation de deux conférences internationales sur la technologie du biodigesteur en 2017 et 2018 avec à la clé le développement de l’expertise nationale sollicitée dans la sous-région et la mise en place de l’Alliance pour le Biodigesteur en Afrique de l’ouest et du Centre dont le siège est basé à Ouagadougou ; l’intensification de la production fourragère avec la distribution de 905 845 kg de semences fourragères aux producteurs (59 070 en 2019).Au titre de la santé animale, le ministre a fait cas de l’intensification des campagnes de vaccination (PPCB, MNC, PPR, Peste aviaire, Rage) et de la lutte contre l’importation frauduleuse des produits animaux et l’ouverture du cycle de formation des ingénieurs à l’ENESA depuis cette rentrée académique 2019-2020. En sus, un décret règlementant l’abattage et l’exportation des asins, des camelins, des équins et de leurs produits au Burkina Faso a été adopté.

…ses collaborateurs ont dressé le bilan du ministère des ressources animales et halieutiques

Au titre de la production aquacole, le ministre Koutou a fait savoir que 27.902 tonnes de poissons ont été produites en 2019 pour un objectif de 30.000 tonnes en 2020. Au niveau des abattoirs, le ministre des Ressources animales a souligné qu’un abattoir frigorifique moderne a été construit à Kaya, le financement de celui de Koupela aurait également été acquis. Au cours de ce devoir de redevabilité auquel il s’est soumis, le ministre s’est exprimé sur l’utilisation des pesticides qui impacte de la plus mauvaise des manières le secteur de l’élevage. « Cest un véritable danger. Nous perdons des animaux en nombre important du fait de l’usage des pesticides », a déploré Sommanogo Koutou, affirmant avoir attiré l’attention du ministère de l’agriculture sur la question. Il a rassuré que des actions sont mises en œuvre de concert avec ce département ministériel pour freiner l’utilisation des pesticides. Quant au secteur apicole, le ministre et ses collaborateurs affirment qu’il se porte bien. Et dans ce domaine, le Pays des hommes intègres est privilégié en Afrique car ses produits de la ruche sont de très bonne qualité, a assuré le ministre Sommanogo Koutou, ajoutant qu’une convention a même été signée avec l’Union européenne pour exporter le miel burkinabè.

Un bilan satisfaisant en dépit de la situation sécuritaire

Grosso modo, le bilan, estime le ministre Sommanogo Koutou, est quelque peu satisfaisant en dépit de la situation sécuritaire qui a conduit le gouvernement a resserré le cordon de la Bourse, la priorité étant consacré à la défense et la sécurisation du territoire national. « Cette situation nous a amené à abandonner certaines activités que nous avions pourtant programmé. Nous sommes très ambitieux, mais la situation sécuritaire ne nous a pas permis d’atteindre les résultats que nous souhaitions. Néanmoins, nous avons pu tenir plusieurs activités qui montrent qu’il y a des potentialités », a affirmé le ministre en charge des ressources animales.

Plusieurs journalistes ont été témoins de ce devoir de redevabilité

Malgré tout, Sommanogo Koutou nourrit des ambitions plus fortes et plus grandes pour son département en 2020. D’autant plus que le sous-secteur de l’élevage occupe près de 86% des ménages ruraux et contribue pour au moins 26% à la formation de la richesse nationale avec un Produit Intérieur Brut (PIB) de 18%. « Eu égard à nos systèmes de production qui sont essentiellement de type extensif, l’élevage peut encore faire des progrès significatifs pour peu que les bonnes pratiques soient au rendez-vous », s’en convainc le ministre Koutou qui appelle les investisseurs à fortement sengager car « c’est un véritable business ». « Nous avons la ferme conviction que ce n’est que par le secteur primaire, notamment l’élevage, l’aquaculture et l’agriculture, que nous poserons les jalons du développement de notre pays. L’élevage constitue aujourd’hui un vivier pour tous les adeptes du travail et qui croient à la capacité de résilience de notre pays », a-t-il conclu.

Par Daouda KINDA

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