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Mali: les éleveurs premiers touchés par les sanctions de la Cédéao

L’élevage représente chaque année près de 7% des recettes d’exportations nationales, et fait vivre plus de 30% de la population. Mais depuis le coup d’État militaire du 18 août dernier, la Communauté économique des États d’Afrique de l’ouest a suspendu toute relation financière et commerciale avec le Mali. Pour les éleveurs, qui vendent une grande partie de leurs animaux dans les pays voisins, le coup est très rude.
Le Garbal de Niamana est le plus grand marché à bétail d’exportation de Bamako.
Maciré Niangadou possède plus de 300 vaches, qu’il vend en grande partie dans les pays de la sous-région – « Sénégal, Guinée, Côte d’Ivoire, Ghana, Nigeria… » – enfin, habituellement… « Ca s’est complètement arrêté. Avec l’embargo, les frontières sont fermées. »
Les travées boueuses du marché à bétail sont d’ordinaire fréquentées par des acheteurs sénégalais, ivoiriens ou guinéens. Aujourd’hui, ils ne viennent plus. « Pour les gens qui vivent exclusivement de ça, c’est catastrophique. On souhaite le plus rapidement possible que ces frontières s’ouvrent. L’idéal, c’est la levée de ces sanctions. Ce n’est bon ni pour nous qui sommes au Mali, ni pour les pays frères qui consomment la viande venant du Mali. Ce n’est bon pour personne. Et ça peut amener à des conséquences incalculables des deux côtés de la frontière », déplore Sanoussi Bouya Sylla, producteur laitier et président de la Chambre d’agriculture de Bamako.
Autre difficulté : l’achat des aliments et compléments destinés aux animaux. Ceux qui viennent des pays voisins, notamment dans la filière avicole, ne peuvent plus être importés. Ceux qui sont produits au Mali, d’après les éleveurs rencontrés, ont augmenté.
David Baché, envoyé spécial de RFI à Bamako

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