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Pêche et aquaculture au Burkina : une plateforme mise en place pour booster la filière 

Le Burkina Faso dispose désormais d’une plateforme nationale des acteurs non étatiques du secteur de la pêche et de l’aquaculture (PANEPAB). Dirigé par Frédéric Assomption Korsaga, le bureau de ladite structure a été mis en place, vendredi 4 décembre 2020, à l’occasion d’un atelier qui a regroupé du 2 au 4 décembre 2020 dans la capitale burkinabè les acteurs dudit secteur.  

Fort de 12 membres, de 3 commissaires au compte et d’1 conseiller technique, le bureau de la PANEPAB a été mis en place de façon « consensuelle » et couvre l’ensemble des faitières de la filière piscicole et aquacole. C’est-à-dire les pêcheurs, les aquaculteurs, les transformateurs, commerçants et importateurs de poisson. Selon Célestin Mboukem, représentant de la CEDEAO et de la FAO, la PANEPAB fait partie de la Plateforme des acteurs Non Etatiques de la Pêche artisanale et de l’Aquaculture en Afrique de l’Ouest (PANEPAO), structure faîtière mise en place en 2018 à Abuja au Nigéria et qui s’inscrit dans le cadre du Programme pour l’amélioration de la gouvernance régionale des pêches en Afrique de l’Ouest (PESCAO). Et dans ce processus, « si les acteurs ne sont pas organisés pour parler d’une seule voix il sera difficile de mettre en œuvre des programmes de développement et des programmes de renforcement de leurs capacités », a souligné l’expert de la CEDEAO.

Célestin Mboukem, représentant de la CEDEAO et de la FAO

M. Mboukem s’est réjoui de la mise en place de cette plateforme qui va permettre aux acteurs du secteur de parler d’une même voix non seulement au niveau national, mais également au niveau régional et même international. « C’est une grande étape qui vient d’être accomplie, mais ce n’est que le début. Et les difficultés ne font que commencer », a-t-il lancé, soulignant tout de même que les acteurs pourront compter « à tout moment » sur la CEDEAO et sur la FAO pour surmonter les difficultés. « Je fais confiance à ce bureau et à son président qui dispose d’une grande expérience pour mener à bien cette importante tâche », a martelé M. Mboukem qui assure que l’installation de cette plateforme est « une grande avancée dans le cadre de la mise en œuvre de la gouvernance de la pêche en Afrique de l’Ouest ».

Photo de famille à l’issue de l’atelier

Avant le Burkina Faso, des pays comme le Nigéria, la Gambie, la Guinée et le Mali ont déjà mis sur pied leur plateforme. Les semaines à venir, certainement le Togo et le Sénégal devront concrétiser leur faîtière. « C’est un processus en cours et on espère couvrir les 15 pays membres de la CEDEAO et la Mauritanie d’ici au plus tard mi-juin 2021 », a indiqué M. Célestin. Fraichement élu président de la PANEPAB, Frederic Korsaga et son équipe entendent se mettre sine die au travail pour surmonter les obstacles au développement de la pêche et de l’aquaculture dans le pays.

Frederic Korsaga, président de la PANEPAB

Pour M. Korsaga l’atteinte des objectifs du Plan national de développement économique et social (PNDES) dans le domaine de la pêche et de l’aquaculture passe nécessairement par l’organisation des acteurs en interprofession. Le Gouvernement burkinabè envisage dans son référentiel de développement d’augmenter de 10%/an la production en produit de pêche pour réduire fortement les importations de poisson et créer de l’emploi. En fédérant donc l’ensemble des acteurs, cette plateforme, selon M. Korsaga, devrait permettre d’améliorer la productivité et la production du poisson au Burkina, mais également de régler les problèmes de sécurité alimentaire et nutritionnelle dans le pays. De son côté Alain Sawadogo, conseiller technique du ministre en charge des ressources halieutiques, Sommanogo Koutou a expliqué qu’« au niveau du sous-secteur de la pêche et de l’aquaculture, le gouvernement compte beaucoup sur les acteurs à la base ». C’est pourquoi, il a salué la mise en place de cette plateforme. Il dit être convaincu qu’elle va permettre la filière et lui permettre de contribuer au développement durable du pays.

Alain Sawadogo, conseiller technique du ministre en charge des ressources halieutiques, Sommanogo Koutou

M. Sawadogo espère également que cette plateforme va contribuer efficacement à la sécurité alimentaire et nutritionnelle et réduire les importations du pays en matière de poissons. Au Burkina Faso, en effet, selon les chiffres du ministère en charge des ressources halieutiques, la production halieutique est passée de 11 093 tonnes en 2008 à 27 803 tonnes en 2019. Quant à l’aquaculture, sa production en 2019 était en 562 tonnes. Malgré cette croissance, la consommation du Burkina en poisson est largement dominée par l’importation, estimée à 80%. En 2019, l’importation de poisson a engendré une valeur économique de 10 milliards de FCFA.

Par Daouda KINDA

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