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Forêt de Yacouba Sawadogo: un incendie criminel?

Une partie de la forêt de Yacouba Sawadogo, prix Nobel alternatif 2018 et « Champion de la Terre » a été ravagée par un incendie dans la nuit du 13 au 14 décembre 2020. Tristesse et désolation animent actuellement celui qui aura consacré une quarantaine de sa vie à créer cette forêt. 

Selon son fils, Lookman Sawadogo, qui s’est confié à notre confrère Burkina 24, à peu près un hectare de la forêt a été dévasté par les flammes. « Le 14 décembre matin, relate-t-il, on est arrivé voir qu’il y a eu un incendie. On a regardé, mais on n’a pas pu identifier la personne. Comme il y a beaucoup de cordons pierreux dans la forêt, l’incendie n’est pas allé très loin. C’est moins d’un hectare qui a pris feu ». Est-ce un incendie criminel? En tout cas, nous sommes en droit de nous interroger? Déjà que la forêt est menacée de destruction et de ventes illicites, Lookman Sawadogo n’écarte pas le fait qu’une main invisible soit derrière l’incendie. D’ailleurs son père avait averti en mi-décembre : « Des personnes viennent détruire ma forêt et je reste impuissant. J’ai même informé les agents forestiers et ceux-ci sont juste venus faire le constat. Si rien n’est fait, la forêt sera détruite ». La lumière doit être faite sur cette affaire. Mais le plus urgent, c’est de clôturer le site et établir un titre foncier comme l’a toujours réclamé Yacouba Sawadogo. « On leur (NDLR les autorités) demande s’ils peuvent venir nous sauver rapidement. Ces derniers temps, on est honoré, le pays est honoré côté environnement, mais on devrait protéger la forêt. La forêt n’est plus pour nous. C’est pour tout le monde », plaide Lookman Sawadogo, soulignant que la Direction régionale de l’environnement de la région du Nord a été informée des faits. En février 2019, alors qu’il s’était rendu sur le site pour réaffirmer l’engagement du gouvernement à accompagner le prix Nobel alternatif , devenu maintenant « Champion de la terre », le ministre de l’environnement, Nestor Batio Bassière, avait assuré relativement aux inquiétudes soulevées par Yacouba Sawadogo qu’il entreprendra « très prochainement » des échanges avec les responsables des collectivités territoriales et d’autres partenaires afin de trouver des solutions pour la préservation de cette richesse au profit des générations présentes et futures. Plus d’une année après, les choses n’ont visiblement pas changé. Car les inquiétudes de Yacouba Sawadogo demeurent en l’état. Depuis le début des années 1980, Yacouba Sawadogo travaille  à la transformation de terres stériles en forêts dans son village Gourga grâce à une technique de régénération naturelle assistée (RNA) appelée le Zaï.

Daouda KINDA

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