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Ecloseries équipées des systèmes de biofiltration: une expérience à partager

Frère Cyrille KONDOMBO. Ce nom ne dit certainement pas grand-chose aux profanes, mais ceux qui s’intéressent un tant soit peu aux activités aquacoles au Burkina peuvent le présenter assez aisément. Responsable de l’unité de développement aquacole du Centre Lasalien d’Initiation aux Métiers de l’Agriculture basé à Bérégadougou dans la région des Cascades, est un des grands spécialistes aquacoles du Pays des hommes intègres.

La préparation de la fécondation

Il est véritablement un fin connaisseur de l’élevage du poisson et n’hésite pas à partager ses connaissances acquises au cours de ces nombreuses formations et voyages d’études pour renforcer ses capacités. En 2017, grâce à l’accompagnement d’un projet du ministère des Ressources animales et halieutiques, le très discret et timide, Frère Cyrille KONDOMBO, a bénéficié d’un voyage d’études en Israël à milles lieues de son Bérégadougou. Et le moins que l’on puisse dire c’est que ce voyage lui a été utile et bénéfique. « J’ai vraiment découvert beaucoup de choses au cours de ce voyage », dit-il, remerciant les premiers responsables du département en charge des ressources halieutiques pour l’opportunités à lui offerte. 

Une expérience à partager

Ce samedi 24 avril 2021 où on célébrait à Manga la journée nationale du paysan à Manga, lui de son côté partageait à Bérégadougou son expérience avec une quarantaine d’acteurs piscicoles qui prennent part à un voyage d’études initié dans le cadre du projet P1P2RS. L’une des techniques que Frère Cyrille KONDOMBO a pu retenir de son voyage, c’est le système de biofiltration et de recirculation d’eau encore appelé système à circuit fermé de l’eau.

L’un des bassins de l’unité aquacole de CLIMA

C’est un système qui, dit-il, présente de nombreux avantages surtout dans notre contexte où l’eau est une denrée rare. « Ce système est composé de 3 à 4 compartiments. Le premier compartiment à pour fonction la filtration des eaux venants des bassins. Le deuxième compartiment peaufine davantage la filtration et donne de l’eau limpide. Le troisième compartiment porte sur la filtration biologique qui débarrasse l’eau de tous les résidus azotés et il est accompagné d’un système de stérilisation », explique-t-il. 

Quid des avantages du système ? Selon lui, le système de biofiltration qu’il a installé au CLIMA dès son retour d’Israël permet non seulement de maintenir constante la température de l’eau évitant ainsi les mortalités due à la variation de température, mais aussi d’épurer l’eau les résidus azotés qui sont nocifs pour le poisson. Ce système permet aussi, à l’en croire, d’économiser l’eau. « C’est la même eau qui circule, qui est oxygéné et qui revient dans les bacs d’élevage. C’est vraiment idéal pour la production », dit-il, soutenant que « si Israël arrive à faire 100 kg/m3 d’eau, c’est grâce à ce système ». Grâce aux connaissance acquises, Frère Cyrille KONDOMBO a réussi à mettre en place 2 écloseries équipées des systèmes de biofiltration : une pour le poisson chat et une autre pour le tilapia. Justement dans l’une de ces écloseries notamment celui du poisson chat, les participants ont eu droit à une démonstration pratique sur la reproduction artificielle de ce type de poisson. 

« Je suis émerveillé par rapport aux résultats obtenus »

De l’étape de la sélection des géniteurs à la fécondation et à l’incubation des œufs en passant par l’injection et le stripping des femelles ainsi que la collecte des laitances chez les géniteurs mâles…ce fût véritablement tout un cours pratique qui a été dispensé aux participants qui au final n’ont pas caché leurs sentiments de satisfaction. « Ce n’est pas la première fois que je découvre cette technique, mais ce voyage d’études me permet de m’améliorer. Ce qui est important à noter c’est que les installations différentes d’un site à un autre puisque chacun essaie d’adapter en fonction de ses moyens le système à sa convenance. Nous avons découvert des installations complètement différentes de ce qu’on a l’habitude de voir », a laissé entendre Thomas Bouda, producteur. « Nous avons vu les différentes étapes de la production des alevins, de la sélection des géniteurs, à la fécondation jusqu’à l’éclosion. Il y avait de nombreuses zones d’ombres qu’on ne comprenait pas, mais tout commence à s’éclaircir. Nous sommes mieux outillés à affronter le terrain », a renchéri Ouemikiga Denis Pouamouribou, producteur piscicole à Po dans le Centre-sud. Ce dernier a mis à profit son séjour au CLIMA pour enrichir son carnet d’adresse en nouant des contacts qui lui permettront d’échanger les expériences. « Nous avons appris de nombreuses techniques d’alevinage qui vont améliorer notre manière de faire. C’est la toute première fois que je participe à un voyage d’études, mais j’avoue que je suis émerveillé », a dit, de son côté, Alain Sorgho de la ferme Kiswendsida basé à Komsilga dans la région du Centre. Pour sa part le directeur de la pêche, Philippe Sawadogo, a marqué son satisfecit à la fin de l’étape de Bérégadougou de ce voyage d’études qui se déroule du 22 au 29 avril 2021 dans plusieurs localités du pays. « Cette étape nous a permis d’avoir un aspect pratique sur la reproduction artificielle du silure. L’une des difficultés éprouvées par les producteurs, c’est la disponibilité des semences piscicoles. Ce volet pratique va permettre aux promoteurs de renforcer leurs capacités pour pouvoir installer des écloseries dans les autres régions. Toute chose qui va permettre d’améliorer la disponibilité des alevins », a noté le directeur de la pêche. Ce dernier s’est dit également émerveiller par la vocation du centre à travers le volet recherche-développement. « Je suis émerveillé par rapport aux résultats obtenus. Des résultats, du reste, encourageants notamment l’utilisation des plantes locales pour améliorer la qualité de l’aliment des poissons », a soutenu Philippe Sawadogo. Le directeur de la pêche a aussi salué l’engouement des participants, ce qui atteste, selon, de l’intérêt qu’ils ont sur ces questions. 

Zoom sur l’unité du développement aquacole du CLIMA

A l’en croire, le choix de CLIMA pour cette première étape du voyage d’études se justifie par le fait que ce centre a un volet piscicole très avancé et dispose des infrastructures nécessaires à la production aquacole. En effet, l’unité du développement aquacole du CLIMA s’étend sur une superficie de 3 hectares. Le centre dispose de 9 bassins de 400m2, 3 bassins de 300m2 et 7 bassins de 60m2. Pour l’alimentation en eau, 3 forages de 5m3, 8m3 et 12m3 ont été installés.

Photo de famille à l’issue de l’étape de Bérégadougou

Le CLIMA produit environ 100 000 alevins de tilapia par an. Pour les silures, la capacité est de 60 000 alevins par cycle de 60 jours. Grâce à la direction générale des ressources halieutiques, le centre a bénéficié d’une extrudeuse qui lui permet de produire lui-même l’aliment flottant pour le poisson. Notons que le voyage d’études entre dans le cadre de la mise en œuvre du volet halieutique du projet P1P2RS. Et dans ce cadre, la Direction Générale des Ressources Halieutiques a bénéficié de l’appui du projet pour le renforcement des capacités techniques des acteurs de la filière pêche et aquaculture à travers des formations et des voyages d’études dans le domaine de l’aquaculture. Plus de deux cent acteurs ont été formés en technique de pisciculture et de transformation des produits halieutiques et deux voyages d’études ont été réalisés. 

Par Adama Traoré

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