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Pisciculture : Retraitée, Honorine Damiba expérimente l’aquaponie

Juriste retraitée, Honorine Damiba occupe ses vieux jours dans l’élevage des ovins, caprins, des poulets…mais aussi dans la pisciculture. Après un voyage d’étude en Israël en 2017, elle a mis au point un système d’aquaponie pour pratiquer sa passion sur son site qui se veut pédagogique. Mardi 27 avril 2021, elle a expliqué le fonctionnement de ce système à une quarantaine d’acteurs de la filière piscicole qui prennent part à un voyage d’études initié par la Direction Générale des Ressources Halieutiques dans le cadre de la mise en œuvre du volet halieutiques du projet 1 du Programme de Renforcement de Résilience à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle au Sahel (P1P2RS).

C’est au monastère de Koubri qu’est née sa passion pour la pisciculture en 2018. « J’allais aider les sœurs au monastère dans la pisciculture et j’ai eu envie de me lancer aussi », a-t-elle expliqué. En 2017, grâce au ministère en charge des ressources halieutiques, elle a eu l’opportunité de participer à un voyage d’études en Israël.  Ce voyage d’études entre dans le cadre du volet halieutique du P1P2RS exécuté par la direction générale des ressources halieutiques. Au cours de cette expérience, elle a été séduite par l’aquaponie, une méthode de culture de poissons et de plantes dans le même système. De retour au Burkina, elle a expérimenté cette technique qui a bien marché, selon ses propres mots. Aujourd’hui, c’est un système qu’elle entend vulgariser surtout aux plus jeunes. « On a un récipient contenant du poisson qu’on met en relation avec des bandes de culture de légumes. L’eau des poissons va nourrir les plantes qui vont filtrer l’eau qui va repartir encore au niveau des poissons. C’est une symbiose entre les poissons et les légumes », a expliqué Honorine Damiba.

Un système d’aquaponie (image d’illustration)

L’aquaponie fait donc référence à tout système qui combine l’aquaculture conventionnelle avec l’hydroponie (culture des plantes dans l’eau) dans un environnement symbiotique. « C’est un système qui sied dans notre contexte où les pluies ne sont pas abondantes (…) Il est vraiment bénéfique parce qu’on ne change pas d’eau pendant tout le cycle du poisson. Avec 3m3 d’eau, on peut avoir 250 kg de poissons et autant de légumes. Pour un pays sahélien où l’eau manque, c’est un système qui, à mon avis, doit être vulgariser. On gagne non seulement en poissons, mais aussi en produits maraîchers », a-t-elle ajouté. Pendant un cycle de production du clarias, on peut produire jusqu’à 3 cycles de légumes. « Pour un jeune ou pour une femme, c’est vraiment une activité génératrice de revenus », a-t-elle indiqué. En tout cas, c’est une nouvelle technique que les participants disent avoir appris et promettent de reproduire chez eux. « Le travail qui est fait est impressionnant. C’est clair que de retour chez moi à Dori je vais mettre en œuvre les connaissances acquises », a indiqué Hamidou Boureima, pisciculteur dans la région du Sahel. « Le voyage a été bénéfique. Il faut vraiment sortir pour voir d’autres techniques. Je vais non seulement mettre en pratique les techniques acquises, mais je vais aussi les partager avec d’autres pisciculteurs », a renchéri Gabriel Bapina, pisciculteur à Réo.

Par Awa Ouédraogo

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