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Burkina : le marché du barrage de Niou résilié pour « défaillance » de l’entreprise

«Le marché du barrage de Niou a été résilié pour défaillance de l’entreprise», a indiqué, samedi 24 avril 2021 à Manga, le ministre de l’Eau et de l’assainissement. Cette sortie du ministre Ousmane Nacro à l’occasion de la journée nationale du paysan qui s’est déroulée à Manga le 24 avril 2021 vient ainsi situer les populations de la localité sur la situation de leur barrage dont les travaux avaient été arrêtés.

Le ministre de l’Eau et de l’assainissement, Ousmane Nacro

Les travaux de construction du barrage de Niou dans le Kourwéogo avaient été lancés le 3 décembre 2018 par le ministre de l’Eau et de l’Assainissement, Niouga Ambroise Ouédraogo en présence de son collègue des Affaires étrangères, Alpha Barry. Il était prévu sur le site la réalisation d’une retenue d’eau d’une capacité d’environ 1 267 000 m3 d’eau et d’un périmètre irrigué en aval de 42,80 ha. Outre le barrage et le périmètre irrigué, il était également prévu la réalisation d’un forage équipé de pompe à motricité humaine pour l’approvisionnement des exploitants, la réalisation de plusieurs latrines, la réalisation de couloirs de passage pour le bétail, entre autres. Coût total des travaux : 1 898 533 329 FCFA, financés par l’Etat burkinabè et la Banque ouest africaine de développement (BOAD). L’entreprise CTG SA disposait de 14 mois pour livrer l’ouvrage. A la date du 17 novembre 2020, une mission conjointe de supervision du Projet de mobilisation et de valorisation des eaux de surface dans le Plateau central (PMVEC) avait constaté qu’après «104% de temps consommé, le taux global de réalisation est de 22% (barrage : 35%, périmètre : 5%)». Raisons invoquées par l’entreprise pour justifier son retard: obtention tardive de l’avance de démarrage, changement de domiciliation bancaire préjudiciable, pandémie de la Covid 19… Selon le coordonnateur du PMVEC Boukari COMPAORE qui avait conduit la mission, ces explications ne tiennent pas la route. Il soutient que le retard était plutôt imputable à l’entreprise. Pour lui, les raisons sont claires : « ils ont fourni des dossiers incomplets pour le décaissement, les entreprises qui sont sur les quatre autres chantiers du Projet n’ont jamais été à l’arrêt ». Boukari COMPAORE accusait également la mission de contrôle de n’avoir pas mis la pression sur l’entreprise pour une exécution adéquate du projet.

Daouda KINDA

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