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CASEM MRAH : dégager des stratégies pour sécuriser les zones pastorales

Le ministère des Ressources animales et halieutiques a tenu, vendredi 7 mai 2021, son CASEM (Conseil d’administration du secteur ministériel) inaugural de l’année 2021. A ces assises, les participants ont planché sur les stratégies de sécurisation et de mise en valeur durable des zones pastorales, une préoccupation prise au sérieux par ce département ministériel.

Si le ministère des Ressources animales et halieutiques a décidé de plancher sur ce thème, c’est parce que la question de la sécurisation des zones pastorales est d’actualité. En effet, depuis une vingtaine voire une trentaine d’année, l’Etat a délimité des zones estimées à 730 960 ha pour permettre aux éleveurs de pratiquer leur activité en toute quiétude. « Mais, nous constatons que ces zones sont en train d’être recolonisées par les agriculteurs, les orpailleurs et les sites miniers », a fait savoir le ministre Modeste Yerbanga, en charge des ressources animales et halieutiques. Pourtant, entre 2016-2020 « ce sont en moyenne près de quatre milliards de FCFA qui sont investis pour la Sécurisation et la gestion durable des ressources pastorales ». Ces investissements qui couvrent des actions de matérialisation, de constructions d’ouvrages d’hydraulique pastorale et le renforcement du statut juridique de ces zones n’ont pas permis de créer un environnement sécurisé et favorable à une production animale durable.

Les participants au CASEM

Bien au contraire il est constaté de nos jours entre autres une disparition progressive et continue des espaces pastoraux au profit d’autres activités ; une occupation des zones pastorales pour les activités agricoles, d’orpaillage et minières entrainant une recrudescence des crises pastorales ; une inadaptation des systèmes de mise en valeurs des zones existantes avec les nouveaux besoins des éleveurs ; une occupation des zones pastorales par des organisations terroristes ; une insuffisance des politiques publiques de mise en valeur des zones pastorales ; une remise en cause du statut des zones pastorales acquis de processus souvent longs et inclusifs  et une charge de plus en croissante dans les zones pastorales des régions sud du pays. Face à ces difficultés, le ministère envisage donc de prendre le taureau par les cornes, en sécurisant lesdites zones, de sorte que les éleveurs puissent mener à bon escient leur activité. Il est donc attendu de ce CASEM des propositions de stratégies à mettre en œuvre pour une sécurisation adéquate et une mise en valeur durable desdites zones. « Il est de notre devoir de travailler à resécuriser ces zones de sorte à ce que nous puissions avoir des espaces de production pour le cheptel », a indiqué Dr Modeste Yerbanga. Il est attendu également entre autres de faire des propositions d’accompagnement du ministère pour l’immatriculation des espaces pastoraux et de classement des pistes à bétail, de proposer des outils efficaces de gestion des zones pastorales et de formuler des recommandations pour une dynamisation des zones pastorales. Ce CASEM a été l’occasion pour les participants d’analyser les acquis du département en 2020, une année charnière. 2020 n’a pas été facile du fait du terrorisme et la pandémie de la COVID-19 qui ont durement impacté sur les activités prévisions, a relevé le ministre. Malgré ces entraves, le ministère a, tout de même, réussi à mettre en œuvre 70% de ses activités sur le plan de l’exécution financière et 71% sur le plan de l’exécution physique (voir encadré). « Ce sont Vingt-trois milliards neuf cent vingt millions six cent neuf mille quatre cent soixante-cinq (23.920.609.465) FCFA qui ont été dépensés sur une prévision de Trente-trois milliards Sept Cent quatre douze millions neuf cent soixante-six millions (33.792.966.000) FCFA représentant un taux d’exécution financière de 70,79 %. Cette exécution financière a permis une réalisation physique de 71,67 % de notre plan de travail de l’année 2020 », a noté Dr Yerbanga, jugeant le bilan satisfaisant au vu du contexte. Pour 2021, le ministère entend mettre les bouchées doubles pour une mise en œuvre réussi du programme présidentiel dans le secteur. 

Par Daouda KINDA

Quelques acquis du MRAH en 2020

-la réalisation de 183 forages pastoraux, 65 boulis et 148 parcs de vaccination;

-la mise à disposition à prix subventionnés aux producteurs  de  325 950 kg de semences fourragères;

-l’insémination de 3.196 vaches avec des semences de races laitières ;

-la construction de  735 bio digesteurs;

-le contrôle de  67.227 tonnes de viande dont 9.414 tonnes ont été exportées ;

-la production de 529.444 kg de miel brut, de 182.939 kg de miel raffiné et de 15.878 kg de cire ;

-la construction de 11 postes vétérinaires ;

-la vaccination de : 2.884.954 têtes de bovins contre la PPCB, 36.418.749 têtes de volailles contre la MNC et 4.424.775 têtes de petits ruminants contre la PPR correspondant à un taux de couverture vaccinale contre la PPR jamais atteint de 16%.

-la production et la mise à disposition des acteurs de 10.091.000 alevins dont 1. 524.000 alevins de silures ;

-l’approbation de 30 alliances productives d’un montant total d’environ 10.500 000 000 FCFA dont une subvention d’environ 5.350.000 000 FCFA

+la production de  29.750 tonnes de poisson dont  645 tonnes par la pêche et 29.10 tonnes par l’aquaculture ;

-l’opérationnalisation de la plateforme informatique de gestion des données statistiques sur les ressources animales et halieutiques dénommée ENDRAH ;

-l’élaboration du plan d’action opérationnel 2021-2023 

Source : MRAH

 

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