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Burkina : Triste journée pour des vendeurs « ambulants » de poulets

Sur sa page Facebook, la Police municipale annonce avoir procédé, ce mardi 11 mai 2021, à des saisies de bétail et de volailles sur la voie publique. Une bien triste situation pour ces vendeurs » ambulants » de poulets.

Au cours de leurs descentes, les policiers municipaux ont tout simplement embarqué bétail et volaille vendus à la sauvette, hors du cadre prévu pour cela. Tristesse et désolation se lisait sur les visages de ces vendeurs « ambulants » de poulets venus parfois des villages pour écouler leurs produits. Assis à même le sol, un vendeur visiblement choqué voire meurtri ne savait plus à quel saint se vouer.La police municipale justifie son acte en se fondant sur l’arrêté n°2020-163/CO/M/DAJC du 22 Juillet 2020 portant interdiction de vente d’animaux et de volaille en dehors des marchés à bétail et dans les espaces autorisés dans la commune de Ouagadougou.

Des policiers procédant à la saisie de poulets

Ledit arrêté stipule: « Tout animal ou volaille en vente dans la rue ou en dehors des marchés de bétail ou des espaces autorisés sera systématiquement confisqué par les services compétents de la commune de Ouagadougou et vendu aux enchères publiques ou remis aux services en charge des œuvres sociales ». Sur la toile, c’est l’indignation et l’incompréhension. «Je ne suis pas contre l’action de la police municipale mais je pense qu’on aurait dû faire autrement que de priver ces animaux d’eau et nourriture. Combien de poulet vont perdre la vie au commissariat ? Ces vendeurs sont des responsables de famille et contribue à l’économie nationale. Pourquoi ne pas créer des espaces dédiés ? Ouagadougou dispose au moins des espaces verts pour ce genre d’occasion oubien ces espaces sont uniquement réservés pour les festivals, les débits de boissons », a réagi l’internaute Eskou Ouédraogo. Pour Mariam Tougouma «ces personnes ont dû travailler pour certains, toute une année pour avoir de bon poulet à proposer. D’autres se sont endettées pour acheter et venir revendre ces poulets espérant un bénéfice». « Pour ces personnes qui ont décidé de travailler honnêtement, j’aurais souhaité des amendes mais pas la confiscation de leurs marchandises systématiquement», s’est-elle indignée. Et de s’interroger : « ces personnes sont-elles au courant de cette loi ? Qu’est-ce qu’elles iront dire au village ? Cette lois s’applique t’elle uniquement en période de fête ?» «J’ai vu hier un homme de l’âge de mon père couler des larmes, impuissant…», a-t-elle renchéri, suggérant aux policiers de « faire attention » car « nous sommes tous des Burkinabè, des Africains ». Pour sa part, l’influenceur Alino Faso propose: «Si nous pouvons retrouver les vendeurs de poulets en question, qu’on puisse passer leur remettre chacun et individuellement 500 ou 1000 FCFA pour combler leur manque à gagner et qu’ils puissent retourner avec quelque chose chez eux …»

Daouda KINDA

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