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Burkina: un plan d’actions sur la gestion des ressources en bois de service et bois d’œuvre validé

Banfora, chef-lieu de la région des Cascades, a abrité le 16 juillet 2021 un atelier national visant à valider la Stratégie nationale et le plan d’actions 2021-2023 de gestion durable des ressources en bois de service et bois d’œuvre au Burkina Faso. Les travaux ont été présidés par Augustin Kaboré, Secrétaire général du ministère de l’Environnement, de l’Economie verte et du Changement climatique.

Le Burkina Faso dispose d’une nouvelle stratégie et d’un nouveau plan d’actions pour la gestion des ressources en bois d’œuvre et de service pour la période 2021-2023. Ces documents ont été validés le 16 juillet 2021 à Banfora au cours d’un atelier national qui s’est tenu 5 ans après la suspension de l’exploitation industrielle du bois au Burkina. L’atelier organisé à cet effet a regroupé dans la même salle les premières autorités du ministère en charge de l’environnement, les autorités régionales des Cascades ainsi que les acteurs qui exploitent et transforment le bois. Dans son mot de bienvenue, le deuxième adjoint au maire de Banfora, Siaka Soulama a salué l’organisation de cet atelier dont les résultats, s’est-il convaincu, donneront de l’espoir à une frange importante des habitants de sa commune. « Dans la commune de Banfora, plusieurs personnes tirent profit de l’exploitation du bois », a-t-il fait savoir avant d’indiquer que les activités des deux unités industrielles d’exploitation de bois d’œuvre avant 2016, année de la suspension, générait dans sa commune au moins une centaine d’emplois directs et plus de 400 emplois indirects. Toujours selon Siaka Soulama, cette activité apportait une contribution substantielle à l’économie locale. C’est pourquoi, il s’est réjoui de la tenue de cet atelier tout en disant la disponibilité de la mairie à accompagner la mise en œuvre du plan d’action.

Les participants

A entendre le Secrétaire général du ministère de l’Environnement, de l’Economie verte et du Changement climatique, Dr Augustin Kaboré, qui a présidé les travaux, le gouvernement est conscient de ce que les ressources forestières constituent l’une des principales sources de subsistance pour les populations. Il en veut pour preuve l’urbanisation galopante qui nécessite une grande quantité de bois d’œuvre et de service. « On note en moyenne 364 000 perches et poteaux déclarés annuellement pour le bois de service avec à la clef trois scieries dont la scierie Ghassoub et Coulibaly créées respectivement en 1967 et en 1984 et la scierie de Bombara créée en 2015 », a reconnu le SG qui au passage a relevé que la production nationale est marginale car, elle couvre seulement 5% de la demande. Ce qui veut dire, selon lui, que l’essentiel de la demande en bois scié au Burkina Faso est couvert par l’importation évaluée à plus 2,5 milliards par an. Pour Augustin Kaboré, il donc clair que la fermeture des unités industrielles de bois a porté un coup à l’économie locale. C’est pourquoi l’une des recommandations des panel de la dernière journée de l’arbre tenue à Banfora en 2020 a été l’adoption de la stratégie nationale de gestion du bois d’œuvre et de service.

Les unités industrielles du bois souhaitent un accompagnement de l’Etat

Les potentialités du Burkina en ressources en bois d’œuvre et de service sont non négligeables, a-t-il reconnu. Et de préciser que le second inventaire forestier national, réalisé en 2014 atteste que 236 000 m3 de bois d’œuvre seraient exploitables en zones hors forêt dans 41 communes relevant des régions des Cascades, du Sud-ouest, des Hauts-bassins, du Centre-ouest et de la Boucle du Mouhoun. Cependant, il faut malheureusement noter avec le SG que malgré les efforts consentis par les services forestiers, ce potentiel fait l’objet d’une exploitation frauduleuse préoccupante. C’est fort de constat, dira-t-il, que son département a élaboré cette stratégie de gestion durable des ressources en bois, assortie d’un plan d’action 2021-2023 qui vise à asseoir les bases d’une industrie nationale de bois performante, génératrice d’emplois et respectueuse des normes de coupes établies. L’ambition étant de couvrir d’ici à 2025, près de 20% des besoins du pays en bois scié à partir de la production nationale.

Augustin Kaboré, Secrétaire général du ministère de l’Environnement, de l’Economie verte et du Changement climatique

C’est pourquoi la stratégie nationale vise à organiser les filières bois d’œuvre et bois de service, à mettre en place une industrie de bois adaptée au contexte socio-économique et écologique du pays et à renforcer la gouvernance de la gestion des ressources en bois. En plus de cette organisation des acteurs, il est attendu la réalisation de plantations d’envergure pour la production de bois d’œuvre et de service dans les forêts classées et espaces de conservation des collectivités territoriales, la concession des zones de coupe de bois d’œuvre assorties de cahiers de charge, de plans d’exploitation et de plan de gestion environnementale et sociale, et le renforcement du cadre légal et institutionnel des filières bois d’œuvre et bois de service. La mise en œuvre de cette stratégie permettra, de l’avis du SG Augustin Kaboré, de disposer d’un référentiel national pour une gestion durable des ressources en bois d’œuvre et de service et de réduire les pratiques d’exploitation frauduleuse du bois d’œuvre actuellement constatée. C’est pourquoi il a invité l’ensemble des acteurs de la filière à s’investir pleinement pour l’atteinte de ces objectifs. D’une même voix, Nouhoun Coulibaly de la scierie Coulibaly et Inoussa Bélem de la scierie Bombara ont salué la validation de ce plan d’action 2021-2023. A les entendre, le redémarrage de leur activité s’annonce avec sérénité et permettra à la population de disposer de bois scié de qualité. Tout en remerciant les autorités pour l’élaboration de cette stratégie nationale, ils ont souhaité, dans la mesure où leurs unités ont été fermées il y a de cela 5 ans, bénéficier de soutien de la part de l’Etat pour relancer leurs unités industrielles. Pour sa part, Inoussa Belem de la scierie Bombara dont l’essentiel de l’activité était basé sur l’exploitation du bois saisi, souhaite bénéficier d’une autorisation de coupe.

Par Sahéle Karama

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