Environnement, Gestion durable des terres

Congrès UICN: A Marseille, le Burkina invite les acteurs à « aller résolument à l’action »

Le Congrès mondial de la nature initié par l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) s’est ouvert le 3 septembre 2021 à Marseille en France. Ce Congrès ambitionne d’orienter les actions futures en matière de biodiversité.

Si l’unanimité se dégage sur la mise à mal de la planète par l’Homme, ce Congrès devrait alors être une instance de prise de décisions pour sauver la nature. Selon des experts de l’ONU, plus d’un million d’espèces animales et végétales sont menacées de disparition. Et la nature « décline plus vite que jamais dans l’histoire humaine », ont-ils averti. Ce déclin, souvent qualifié de « sixième extinction de masse » met en péril les conditions même de l’existence humaine sur Terre. Tempêtes, inondations, sécheresses, incendies…sont, entre autres, des signes annonciateurs. Il faut donc agir urgemment. Réunissant des représentants de la société civile, des scientifiques, des ONG, des représentants des peuples autochtones, des responsables politiques et des chefs d’entreprises, le Congrès définira l’agenda mondial de conservation de la nature à un moment où les liens entre la biodiversité et le bien-être humain sont mis de plus en plus nettement en relief par la pandémie de la COVID-19.

Le Congrès définira l’agenda mondial de conservation de la nature

Attendu depuis un an par bon nombre d’ONG environnementales, le Congrès de Marseille, reporté par deux fois à cause de la pandémie, rassemble en format « hybride » (en présentiel et en virtuel) 5000 participants. L’évènement vise à permettre une large participation du monde entier tout en préservant la santé des participants. « On voit bien que le climat, la nature et l’humanité sont inséparables, et je pense que nous le mesurons beaucoup mieux malheureusement depuis que nous avons vécu cette pandémie de Covid 19 parce que nous avons refait l’expérience de notre ancrage dans le vivant », a lancé le président français Emmanuel Macron à l’ouverture du congrès. Pour lui, il est urgent « (…) de faire comprendre à tous que la bataille pour le climat et contre le dérèglement climatique est jumelle de la bataille pour préserver et restaurer la biodiversité. Et que l’une et l’autre se nourrissent ». D’ici sa clôture le 11 septembre, le congrès doit également voter une série de motions, notamment une déclaration finale qui devrait porter sur « la place de la nature dans les plans de relance économique post-Covid ». Les conséquences de la destruction de la nature sur la santé humaine seront aussi évoquées, nombre d’experts redoutant une multiplication de tels virus, venus du monde animal. Le Burkina Faso avec une délégation présidée par le ministre en charge de l’environnement, Siméon Sawadogo, participe à ce congrès. D’ailleurs, le ministre Sawadogo a co-animé, dimanche, un panel de haut niveau sur le thème « Lutte contre le changement climatique, la dégradation des sols et le développement humain dans la Grande Muraille verte ».

Le ministre Sawadogo a discuté, samedi, avec le Commissaire Européen Virginijus SINKEVICIUS en charge des questions environnementales

Dans son intervention, le ministre burkinabè de l’Environnement a non seulement partagé l’expérience du Burkina Faso en matière de lutte contre la dégradation des terres dans le cadre de la Grande muraille Verte, mais aussi évoqué les obstacles à la mise en œuvre des solutions fondées sur la Nature dans le cadre de la Grande muraille Verte ainsi que les opportunités d’investissement. « J’ai évoqué l’intérêt et l’urgence d’investir dans les zones arides et subsahariennes, ce qui requiert plus d’engagement politique, une allocation adéquate des ressources au niveau national, et international, la participation inclusive des communautés locales, et du secteur privé et une coordination intersectorielle efficace », a écrit Siméon Sawadogo, sur sa page Facebook. « En conclusion j’ai invité tous les acteurs à aller résolument à l’action en vue d’accélérer la mise à l’échelle des bonnes pratiques de Gestion Durable des Terres dans la Grande Muraille Verte », a-t-il ajouté. En marge du Congrès de l’union internationale pour la conservation de la nature UICN, le ministre Sawadogo a discuté, samedi, avec le Commissaire Européen Virginijus SINKEVICIUS en charge des questions environnementales. Siméon Sawadogo a, à l’occasion, demandé l’accompagnement de l’UE dans l’atteinte des priorités du Burkina Faso pour un développement socioéconomique des communautés. « Le Commissaire Européen m’a rassuré que l’Union Européenne est disposée à prêter main forte aux actions de protection de l’environnement. Précisément pour l’initiative de la grande muraille verte, le Fonds de développement pourra être mobilisé, des financements seront mis à notre disposition », a-t-il fait savoir. En rappel, le Congrès mondial de la nature de l’UICN réunit l’ensemble de la communauté mondiale de la conservation de la nature, y compris les plus grands experts internationaux en matière de sciences, politiques et pratiques de la conservation. Le Congrès, qui se tient tous les quatre ans, permet aux 1400 organisations membres de l’UICN de définir de façon démocratique quels sont les enjeux les plus pressants pour la conservation de la nature et quelles mesures prendre pour y répondre.

Par Daouda KINDA

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