Environnement

Fiscalité environnementale : Une formation à l’endroit des journalistes

A l’effet d’informer les hommes de médias sur la fiscalité environnementale, le ministère de l’Environnement, de l’Economie verte et du Changement climatique a organisé un séminaire, le jeudi 30 septembre 2021, à l’Agence Nationale de la Météorologie (ANAM). Le séminaire a été placé sous le thème : «  Une fiscalité environnementale adéquate pour une transition effective du Burkina Faso vers une économie verte et inclusive ».

Les enjeux environnementaux sont énormes. Ces dernières années, le Burkina Faso, tout comme d’autres pays africains, est confronté au réchauffement climatique, de plus en plus inquiétant. Une situation qui ne concerne pas uniquement les pays africains. Mais, le réchauffement climatique est un problème mondial.C’est dans ce contexte que le séminaire a visé les journalistes pour une formation sur l’Eco fiscalité. Ainsi, le Dr Augustin Kaboré, secrétaire général du ministère de l’environnement souligne la nécessité de prendre des mesures fortes, afin d’éviter une catastrophe à la population burkinabè. Il renchérit en attirant l’attention des journalistes, sur le fait que 90% des populations dépendent des ressources naturelles. Selon lui, il est important de mettre l’accent sur la protection de l’écosystème, à travers l’application de la fiscalité environnementale. Qu’est-ce que la fiscalité environnementale et en quoi consiste-t-elle ? « La fiscalité environnementale pour le Burkina Faso est constituée d’un ensemble de mesure, sous forme de taxe, d’impôt ou de redevance, dans les domaines de l’énergie, des transports, des ressources naturelles, et la gestion des déchets. Il permet aux individus ou aux sociétés d’adopter un comportement écoresponsable. Autrement dit, l’Eco fiscalité est un outil de gestion durable de l’environnement dans notre société » explique Dr augustin Kaboré. Comme plusieurs autres pays, le Burkina Faso s’est engagé en 2019 à répertorier et à optimiser sa fiscalité environnementale sur la base des normes internationales. Cette mission a été confiée au ministère de l’Environnement, de l’Economie verte et du Changement climatique (MEEVCC), supervisée par un comité technique de suivi interministériel, et financée par la Programme d’appui à la gestion durable des ressources forestières (AGREF) de la coopération luxembourgeoise. Le ministère de l’Environnement, de l’Economie verte et du Changement climatique a mené l’étude sur deux phases.

Dr Augustin Kaboré, secrétaire général du ministère de l’environnement

Durant la phase-1 de l’étude, les consultants ont rencontré pas moins de 69 représentants de 38 différentes structures. Elle a permis à travers la compilation, du premier répertoire exhaustif des mesures éco fiscales d’estimer les recettes correspondantes. La phase-2 tenue en 2020, a analysé ces études sur la base des meilleurs pratiques internationales et proposé des recommandations, afin d’optimiser leur efficacité environnementale. L’étude révèle 50 mesures éco fiscales réparties dans les secteurs de l’énergie, des transports, des ressources naturelles et de la gestion des déchets. En 2019, le gouvernement a enregistré des recettes de 345 milliards de FCFA, soit 4,4% du PIB national. La fiscalité seule liée au secteur minier (taxes à l’exportation, redevance etc.) représentait 48% des recettes totales d’Eco fiscales. Aussi, les écotaxes sur l’énergie représentaient 45% du total, en tête de liste la taxe sur les produits pétroliers(TPP) applicable sur l’essence et le gasoil. Il en ressort 24 recommandations formulées qui pourraient dégager annuellement 250 milliards de recettes additionnelles pour l’Etat à terme.Comment convaincre la population sur les avantages de la fiscalité environnementale. Pour l’atteinte des objectifs visés, Martin HOULE Economiste et consultant international en finance publique invite le gouvernement à informer, sensibiliser et consulter la population.

Martin HOULE, Economiste et consultant international

A travers des projections vidéo et des graphiques des différents donnés recueillis lors des deux phases de l’étude, il a expliqué le bien-fondé de l’Eco fiscalité aux hommes de média. En plus de cela, les médias ont un très grand rôle à jouer dans la sensibilisation des populations, affirme t’il. Ils doivent pouvoir faire comprendre aux citoyens que l’application des recommandations prend en compte les réalités du pays pour les réadapter. Ces partages de connaissance lors de l’atelier, selon lui, permettront aux journalistes d’être apte pour la mission qui leur a été confiée. La différence avec la fiscalité classique, dont le seul but est de procurer des recettes à l’Etat, la fiscalité environnementale mise sur des instruments dissuasifs et incitatifs avec le seul objectif d’influencer le comportement des agents économiques. Mais il est à noter, elle ferait certains perdants à court terme. Ces personnes sont susceptibles de faire dérailler l’initiative. Une mauvaise stratégie de communication pourrait faire échouer l’éco fiscalité comme cela l’a été dans d’autres pays.

Etienne Lawanangun TOE

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