Agriculture, Economie verte

Burkina : le soumbala et le beurre de karité à l’honneur

Dans sa dynamique de valorisation des produits locaux, l’association « le Bon Samaritain » pour le développement durable (ABSDD) a lancé ce samedi 9 octobre 2021 à Ouagadougou une campagne de promotion marketing du beurre de karité et du soumbala. Pendant 3 mois, le beurre de karité et le soumbala seront à l’honneur.

Du beurre de karité bio fait « à la grand-mère ». C’est ce que propose à l’occasion de cette campagne l’association Namanegbzaebnga. Venus de Villy dans le Centre ouest, ce groupement de femmes qui depuis une vingtaine d’années s’est engagé dans la promotion du beurre de karité entend faire de bonnes affaires. «Le beurre de karité, c’est notre affaire…Nous le produisons de façon naturelle», indique la responsable de l’association. La production du beurre de karité, c’est également l’affaire de la coopérative féminine  » Djouatina » ou « Espoir de demain », un groupement d’une centaine de femmes de la province du Nahouri qui depuis 2002 s’y est engagée. Si l’association « Le bon samaritain » s’est engagée dans cette dynamique, c’est parce qu’elle s’est fait sienne la vision de l’ancien président Thomas Sankara qui recommandait de « produire Burkinabè et consommer Burkinabè » à l’effet de vivre libre et digne. La période choisie pour cette campagne n’est pas anodine car elle entre en droite ligne du « mois du Consommons local » qui se tient en octobre dans l’espace UEMOA.

Jean Marie Kolga, le responsable Pays du Projet

Cette campagne de promotion du Soumbala et du beurre de karité est prévue pour durer 3 mois, soit d’octobre à décembre 2021 et entre dans le cadre de la mise en oeuvre du Projet de promotion des produits locaux (en Afrique de l’ouest, une initiative mise en œuvre au Togo, au Mali et au Burkina Faso. Selon Jean Marie Kolga qui en est le responsable Pays, ce projet s’inscrit dans la dynamique de la Plateforme Souveraineté Alimentaire (PSA) Nord-sud, une émanation de la Fédération genevoise de coopération suisse. Il est initié et dirigé au plan international par l’Association GRAD (Groupe de réalisations et d’accompagnements) basée en Suisse. Au Burkina, 7 coopératives de femmes dont 3 intervenant dans le beurre de karité et 4 dans le soumbala ont été retenues pour la mise en œuvre dudit projet. Le choix de ces coopératives et de ces 2 produits locaux se justifie, selon M. Kolga, par le rôle important de la femme dans le tissu économique et social en milieu rural et le besoin de valorisation de son statut en renforçant son pouvoir économique et l’importance multidimensionnelle du Soumbala et du beurre de karité pour les communautés avec leurs vertus au plan alimentaire, socioculturel, sanitaire, économique et écologique.

Pamoussa Ouédraogo, directeur général de l’économie verte

D’une durée de 2 ans, le Projet PPL est en phase pilote et expérimental et ambitionne de faire ressortir les avantages de l’approche marketing dans la valorisation, la rentabilisation des produits locaux dans la dynamique de renforcement des économies locales au profit des coopératives et des communautés. Cette initiative est fortement saluée par les femmes qui n’attendaient que de tels canaux pour écouler leurs productions. «Le projet nous a permis de comprendre que nous devons changer d’habitude pour utiliser des stratégies nouvelles pour chercher ou créer le marché. C’est pourquoi, nous saluons cette démarche marketing qui va nous permettre d’atteindre des résultats intéressants dans la valorisation et la vente de nos produits», s’enthousiasme Mme Ouetta, représentante des coopératives féminines. «Nous nous engageons à travailler au succès de cette campagne dont nous sommes les premières bénéficiaires», poursuit-elle.

Au ministère de l’agriculture, ce projet est également salué. Représenté par son chargé de mission, le ministre de l’Agriculture, des Aménagements Hydro-agricoles et de la Mécanisation, Salifou OUEDRAOGO, patron de la cérémonie, a, dans son discours,noté la cohérence »parfaite » entre les cibles du projet et les produits retenus que sont le Soumbala et le beurre de karité. «Je souhaite qu’avec cette campagne les coopératives deviennent des entreprises prospères au bonheur non seulement des femmes et leurs familles, mais aussi de tout le pays», lance-t-il, réitérant l’engagement du gouvernement burkinabè à soutenir de telles initiatives.

Photo de famille

Au ministère en charge de l’environnement également, l’initiative est saluée car elle entre en droite ligne de la politique du gouvernement en matière d’économie verte. «Le karité et le néré sont des espèces très importantes dans notre pays car elles entrent dans les habitudes alimentaires des populations. C’est pourquoi, il est important tous ceux qui interviennent dans ces 2 filières», a fait savoir Pamoussa Ouédraogo, directeur général de l’économie verte. «Ce sont des filières porteuses dans l’économie nationale. Elles permettent de créer des emplois, non seulement dans la production, mais également dans la transformation et la commercialisation», ajoute-t-il. A noter que des élus locaux des communes bénéficiaires ont effectué le déplacement de Ouagadougou pour accompagner l’initiative.

Daouda KINDA

2 Commentaires

  1. raya.lepoete

    Bravo et félicitations ! Vive le consommer local

  2. Le bourgeois

    Cool

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