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Forêt de Doulougou: un poumon écologique en désuétude

La forêt de Doulougou dans la province du Bazèga, vieille d’une quarantainje d’années, fait l’objet de dégradation et a besoin d’être sauvée. En visite, sur le site, mardi 12 octobre 2021, le ministre de l’Environnement, de l’Economie verte et du Changement climatique, Siméon Sawadogo a donné l’assurance que des mesures seront prises pour la sécurisation de cette forêt.

« Il faut agir pour sauver cette forêt », alerte le Colonel des eaux et forêt, Moïse Sia. Il est le directeur en charge de l’environnement de la région du Centre-sud. Créée dans les années 70 pour faire face à la sècheresse, cette forêt industrielle était monospécifique composée essentiellement d’eucalyptus et avait pour vocation d’approvisionner les grandes agglomérations en bois de chauffe. Aujourd’hui, la forêt de Doulougou est dans un état d’obsolescence. « Elle est beaucoup dégradée, vieillissante. Elle fait également l’objet de coupe abusive de bois », observe le Colonel des eaux et forêt, Moïse Sia. Des badauds s’y aventurent pour le ramassage d’agrégats. De part et d’autre, cette forêt est en train de se dénuder.

Une vue de la forêt

Cette situation serait due à un manque d’intervention dans la gestion de ce site forestier depuis la fin des projets qui y agissaient. Par manque d’entretien et de surveillance, cette forêt est tombée en désuétude et a perdu une bonne partie de cette espèce. Néanmoins, plusieurs espèces locales dont le Karité, le balanites et le néré se sont régénérées de façon naturelle. Compte tenu de sa proximité avec la ville de Kombissiri, des populations s’arrogent même le droit d’y construire illégalement des maisonnettes.

Une installation anarchique sur le site

Une situation qui a irrité le ministre en charge de l’environnement, Siméon Sawadogo qui a, du reste, instruit leurs destructions. En charge de la surveillance et de la sécurisation de la forêt, les services de l’environnement de la localité évoquent des difficultés de personnels et de moyens logistiques pour assurer leur mission.

« Nous allons vaille que vaille protéger cette foret industrielle »

Si bien que la pression humaine ne fait que s’amplifier sur le site, engendrant de fortes destructions. Pourtant, il faudra à tout prix sécuriser ce poumon écologique de la province, d’une superficie de 214 hectares. « Nous souhaitons qu’il y ait un plan d’aménagement qui va refaire le potentiel existant et proposer des mesures adéquates pour sécuriser davantage cette forêt. Si elle n’est pas sécurisée, on ne peut pas investir dedans », lance le Colonel des eaux et forêt, Moïse Sia.

Le ministre Siméon Sawadogo et ses collaborateurs sur le site

Constatant l’ampleur de la situation, le premier responsable du ministère en charge de l’environnement assure que des mesures idoines seront prises pour la sauvegarde de cette forêt. « Nous allons vaille que vaille protéger cette foret industrielle », promet le ministre Siméon Sawadogo. « Nous allons interpeller les responsables des collectivités territoriales à l’effet de trouver la formule idéale pour la protection du site », ajoute-t-il. Cette situation déplorable de la forêt de Doulougou n’est pas un cas isolé, foi du ministre Sawadogo. Dans plusieurs localités où des forets ont été créées, dit-il, des difficultés de conservation et de protection sont observées. « Je lance un appel aux collectivités de faire en sorte que ce genre de forêt partout dans le pays puisse être sauvegardé en collaboration avec les agents des eaux et forêts », exhorte Siméon Sawadogo.

Par Daouda KINDA

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