Climat, Environnement

COP 26 : le Niger appelle à la création d’un fonds d’aide à la reforestation

La 26e Conférence des parties (COP 26) de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), ouverte, dimanche, 31 octobre 2021, à Glasgow, en Ecosse a pris sa vitesse de croisière, ce lundi avec l’intervention de plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement dont Joe Biden, Emmanuel Macron et Boris Johnson, qui du haut de la tribune de la « conférence climat la plus importante » ont tous appelé à l’action.

Un échec des négociations entraînerait « une colère et une impatience incontrôlables », a prévenu le Premier ministre britannique. Boris Johnson qui a donné le ton du sommet des dirigeants mondiaux qui se tient sur deux jours dans le cadre de la grande conférence de l’ONU sur le climat a averti que si Glasgow ne donne pas les résultats escomptés les générations à venir « ne nous le pardonneront pas ». Le Français Emmanuel Macron a appelé « les plus gros émetteurs » à « rehausser leurs ambitions » avant la fin de la conférence qui se tient jusqu’au 12 novembre. Pour lui, rien n’est encore joué car « cette COP26 peut encore être un succès ».

« Nous creusons nos propres tombes »

L’Américain Joe Biden est formel : « Nous n’avons plus le temps pour des désaccords ». « Au sein de la catastrophe grandissante, je pense qu’il y a une opportunité incroyable, pas seulement pour les Etats-Unis, mais pour nous tous », a-t-il déclaré.

Agir contre le changement climatique, a-t-il dit, est un impératif moral et économique. Le président américain a rassuré que les Etats-Unis seront « en mesure d’atteindre l’objectif de réduction des émissions de 50 à 52 % d’ici à 2030 par rapport aux niveaux de 2005 ». Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, lui, a prononcé un discours plus alarmiste : « Les six années écoulées depuis l’Accord de Paris sur le climat ont été les six années les plus chaudes jamais enregistrées ».

« Assez de brutaliser la biodiversité. Assez de nous tuer avec du carbone. Assez de traiter la nature comme des toilettes. Assez de brûler, de forer et d’exploiter notre chemin plus profondément. Nous creusons nos propres tombes », a-t-il martelé, dénonçant, par ailleurs, que « notre dépendance aux combustibles fossiles pousse l’humanité au bord du gouffre ».

De grands absents

« Nous sommes confrontés à un choix difficile : soit nous l’arrêtons, soit cela nous arrête. Il est temps de dire : ça suffit », a-t-il lancé, prévenant que « si les engagements échouent d’ici la fin de cette COP, les pays doivent revoir leurs plans et politiques climatiques nationaux chaque année jusqu’à ce que le maintien à 1,5 degrés soit assuré… Et jusqu’à ce que le charbon soit éliminé ».

6 ans après la COP21 et la signature de l’Accord de Paris, la COP 26 est perçue comme la « conférence climat la plus importante ».  Les premières discussions ont débuté ce lundi 1er novembre et vont durer une dizaine de jours, jusqu’au 12 novembre. Les négociateurs ont pour ambition d’arriver à zéro émission de carbone en 2050 et limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré. Des délégués de 197 pays et organisations prennent part aux négociations.   Si plusieurs Chefs d’Etat et de gouvernement dont Joe Biden, Emmanuel Macron et Boris Johnson sont présents, cette COP 26 devra se tenir sans certains présidents notamment le Chinois Xi Jinping, le Turc Recep Tayyip Erdoğan et le Russe Vladimir Poutine dont les pays font partie des plus grands pollueurs. Plusieurs dirigeants africains dont le Togolais Faure Gnassingbé qui appelle à « un sursaut collectif, pour une action immédiate ».

Définir clairement des mécanismes de mise en œuvre de l’accord de Paris

Présent, lui aussi à Glasgow, le président nigérien, Mohamed Bazoum, a déclaré que « l’aggravation des changements climatiques est particulièrement préoccupante pour un pays comme le Niger, situé au cœur du Sahel et menacé par une désertification implacable qui n’a de cesse de provoquer l’ensevelissement par le sable des espaces agricoles et pastoraux ». « Ainsi les populations pastorales se voient contraintes de se déplacer toujours vers le sud et de disputer aux communautés du cru des ressources naturelles vouées par ailleurs depuis longtemps à un processus d’amenuisement inexorable, victimes en cela de sécheresses récurrentes et paradoxalement d’épisodes d’inondations particulièrement destructeurs, ces dernières années », a-t-il décrit.

Le président nigérien a appelé la communauté internationale à se mobiliser, à travers un fonds spécial, aux côtés des pays sahéliens menacés par le sable comme elle se mobilise aux côtés des petits pays insulaires envahis par les eaux des océans. « Un tel fonds doit aider à la reforestation des espaces envahis par le désert », a indiqué Mohamed Bazoum.

La COP de la dernière chance

Sècheresse, insécurité alimentaire, inondation…les effets du changement climatique sont très perceptibles dans les pays africains, surtout ceux du Sahel. Ces pays qui n’ont aucune responsabilité dans le dérèglement climatique sont ceux qui paient le tribut le plus lourd.  Ainsi, à Glasgow, les dirigeants africains ont adopté une position commune. Ils entendent appeler les pays émetteurs à « respecter leurs engagements vis-à-vis des pays en développement, et ce par une définition claire des mécanismes de mise en œuvre de l’accord de Paris ».

C’est d’ailleurs l’enjeu de cette COP de la dernière chance dont l’ambition est de parvenir à des promesses plus robustes des Etats pour réduire leurs émissions de CO2, débloquer des milliers de milliards de dollars pour financer la transition climatique dans les pays en voie de développement et de finir d’élaborer les règles de mise en œuvre des engagements pris lors de la signature, par près de 200 pays, de l’accord de Paris en 2015.

La COP26 doit, par ailleurs, maintenir en vie l’espoir d’une limitation de la hausse de la température mondiale à 1,5 °C par rapport à la période pré-industrielle, au-delà de laquelle les effets du changement climatique s’annoncent d’une ampleur catastrophique, selon les prévisions des experts.

Par Daouda KINDA

NB: Cette histoire a été produite par Climate Tracker

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