Climat, Environnement

COP 26: la voix des Africains au sommet des dirigeants mondiaux

Sur la tribune du sommet des dirigeants mondiaux qui se tient à l’occasion de la COP 26 à Glasgow, plusieurs chefs d’Etat africain ont plaidé pour plus de solidarité à l’égard des pays en voie de développement.  

« Exiger de nous un ralentissement de notre développement pour que la Planète respire mieux, serait en effet profondément, injuste et même immoral », a déclaré Denis Sassou N’Guesso. Le président du Congo Brazzaville s’exprimait, lundi, à l’ouverture du sommet des dirigeants mondiaux sur le climat. En charge de la présidence de la Commission Climat du Bassin du Congo regroupant 16 Etats d’Afrique Centrale et de l’Est, ainsi que le Royaume du Maroc, Denis Sassou N’Guesso accuse les pays industrialisés, à qui incombe la responsabilité du dérèglement climatique, de ne pas faire assez pour mobiliser les financements nécessaires à la concrétisation de leurs engagements.

Par exemple, il a indiqué que le Bassin du Congo ne reçoit en échange que « très peu » de ce qu’il rend au monde en termes de services écosystémiques qu’il juge « inestimables ». Pourtant, le Bassin du Congo qu’il décrit comme le premier capteur de carbone net de la planète après la déforestation de l’Amazonie est « incontournable » dans la réalisation des objectifs de l’Accord de Paris. « À elles seules, les tourbières de la Cuvette Centrale séquestrent 31 milliards de tonnes de carbone, soit trois années d’émissions mondiales », a-t-il dit. Le dirigeant a appelé à plus d’engagement pour protéger et conserver ce patrimoine pour le bien de l’humanité, notamment à travers l’alimentation du fonds bleu pour le Bassin du Congo.

De son côté, le président nigérien, Mohamed Bazoum, a appelé la communauté internationale à se mobiliser, à travers un fonds spécial, aux côtés des pays sahéliens menacés par le sable comme elle se mobilise aux côtés des petits pays insulaires envahis par les eaux des océans. « Un tel fonds doit aider à la reforestation des espaces envahis par le désert », a indiqué Mohamed Bazoum. Ce, d’autant plus que « l’aggravation des changements climatiques est particulièrement préoccupante pour un pays comme le Niger, situé au cœur du Sahel et menacé par une désertification implacable qui n’a de cesse de provoquer l’ensevelissement par le sable des espaces agricoles et pastoraux ».

Ce qu’il faut pour éviter une « crise climatique imminente »

Ils sont une vingtaine de Chefs d’Etat africain à avoir fait le déplacement de Glasgow pour les négociations sur le climat. Hier, lundi, à l’ouverture du sommet, ils avaient chacun 3 minutes pour s’exprimer sur l’urgence climatique, faire part de leurs revendications et exiger fortement des pays développés la mise en œuvre de leurs engagements pris à Paris à l’occasion de la COP 21 en 2015.  

Il s’agit notamment de la réduction des émissions carbone liées à l’activité humaine d’ici à 2030, la réduction de 50 % des émissions ; d’ici à 2050, la neutralité carbone. Cet engagement devrait permettre de limiter la montée des températures à 2 degrés ou 1,5 degré. En sus, il y a l’engagement des pays développés à mobiliser 100 milliards de dollars par an dès 2020, à destination des pays en développement et émergents. Les dirigeants africains attendent des négociations un accord définitif sur cet engagement.  

Le Kenya ambitionne porter la voix des pays africains et de l’ensemble du Sud sur le changement climatique au Conseil de sécurité des Nations Unies (CSNU). C’est ce qu’a déclaré le dirigeant de ce pays, Uhuru Kenyatta. Devant les dirigeants mondiaux, il a indiqué que pour éviter une « crise climatique imminente », il faudrait que des « mesures d’atténuation et d’adaptation audacieuses » soient prises, affirmant que les récentes preuves scientifiques étaient « inquiétantes ».

Le Togo appelle « à un sursaut collectif, pour une action immédiate »

Sur twitter le Togolais Faure Essozimna Gnassingbé a indiqué que son pays est « engagé pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre ». « Le Togo a récemment révisé à la hausse ses contributions déterminées au niveau national, et entend en appeler à un sursaut collectif, pour une action immédiate », a précisé le dirigeant togolais. Le Togo s’est déjà engagé pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre, à travers notamment une politique de promotion des énergies renouvelables et une campagne nationale de reboisement.

L’Afrique ne joue qu’un rôle mineur dans le dérèglement climatique de la planète. Un rapport alarmant sur le climat publié il y a quelques jours et coordonné notamment par l’ONU et l’Union Africaine précise d’ailleurs que le continent n’est responsable que de moins de 4 % des émissions mondiales de CO2, pourtant le continent est très affecté par le changement climatique. Plus que jamais, l’Afrique qui représente 20 % de la population mondiale attend un engagement des pays riches pour financer sa réponse au changement climatique.

Daouda KINDA

NB: Cette histoire a été produite par Climate Tracker

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