Climat, Environnement

COP 26: le Burkina Faso appelle les pays industrialisés à « assumer leur part » dans le dérèglement climatique

La délégation du Burkina Faso à la COP 26 a déclaré ce mardi être solidaire de la position commune des pays africains, durement confrontés aux effets néfastes du changement climatique.

Alors que les négociations sur le climat suivent leur cours à Glasgow en Ecosse, le Burkina Faso affirme vouloir s’aligner sur la position des pays africains qui « ne polluent pas assez, mais payent un lourd tribut du dérèglement climatique ». La délégation burkinabè forte d’une soixantaine de membres est conduite par le ministre de l’Environnement de l’Economie verte et du Changement climatique, Siméon Sawadogo. Le Burkina Faso prend part aux négociations sur le climat aux côtés du groupe des Pays les moins avancés (PMAs), du Groupe africain (AGN) et du groupe des G77+Chine. A leurs côtés, le pays plaide pour une mise en œuvre adéquate de l’Initiative Africaine pour les Energies Renouvelables (IAER), l’Initiative de l’Adaptation de l’Agriculture en Afrique (triple A) et les Trois commissions climat de l’Afrique que sont la commission Climat du Sahel, la commission de la région du Bassin du Congo et la commission des États insulaires. Après l’Accord de Paris en 2015, la COP 26 est perçue comme la « conférence climat la plus importante ». Les négociateurs ont pour ambition d’arriver à zéro émission de carbone en 2050 et limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré.

“Le Burkina Faso est présent à la COP 26 pour faire entendre sa voix”

Des délégués de 197 pays dont le Burkina Faso et organisations prennent part aux négociations.Les thématiques clées que défend le pays des hommes intègres à ce rendez-vous sont l’Adaptation, la Finance, l’Atténuation, le Transfert de technologie, le Renforcement de capacités, les Pertes et préjudices liés aux impacts négatifs des changements climatiques, l’Agriculture et le Genre. Dans une note publiée mardi sur le réseau social Facebook, le ministère burkinabè chargé du changement climatique a appelé la communauté internationale à s’engager davantage pour répondre aux défis des changements climatiques. «Les pays industrialisés qui ont une responsabilité dans les émissions de gaz à effet de serre doivent assumer leur part selon le principe bien compris de la “responsabilité commune mais différenciée et des capacités respectives” », a déclaré, mardi soir, le ministère de l’environnement.

Une partie de la délégation burkinabè (photo DCPM MEEVCC)

Dès l’arrivée de la délégation burkinabè à Glasgow, le ministre de l’environnement, Siméon Sawadogo, a précisé clairement que ”le Burkina Faso est présent à la COP 26 pour faire entendre sa voix selon les orientations définies par le chef du gouvernement, Christophe Dabiré et le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré ». « J’ai invité les délégués à prendre activement part à tous les travaux et à partager la vision du Burkina Faso sur les questions de changements climatiques», a déclaré Siméon Sawadogo. Selon un rapport sur le climat publié il y a quelques jours et coordonné notamment par l’ONU et l’Union Africaine, le continent africain n’est responsable que de moins de 4 % des émissions mondiales de CO2, mais il paye chèrement le dérèglement climatique.

247 145 hectares de forêt perdue chaque année

Pays sahélien, le Burkina Faso est sûrement confronté à cette triste réalité marquée par l’avancée du désert, des inondations et une insécurité alimentaire.Selon le gouvernement burkinabè, «on estime à 247 145 hectares de forêt perdue chaque année». Cette situation serait en partie due aux effets nocifs du changement climatique. « Le Burkina Faso est le 14e pays le plus vulnérable au monde aux changements climatiques », a rappelé, au cours d’une marche à Ouagadougou à l’initiative de l’OXFAM et une cinquantaine d’organisations de la société civiles sur la justice climatique, Aboubacar Okana Lougué, Coordonnateur Général de la Coordination nationale des jeunes pour l’environnement et le climat (CONAJEC).

Une terre aride au Burkina Faso (photo: D.K)

« Durant la saison pluvieuse 2021, certaines communes du Nord (Lorum, Yatenga) sont restées plusieurs jours sans aucune goutte d’eau de pluie reçue, perdant quasiment leurs moyens de subsistance », avait-il déploré. Cette situation dépeinte est d’autant plus inquiétante si l’on s’en tient au dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) qui révèle des scénarios d’augmentation de températures de 4 degrés dans les pays de l’intérieur (Mali, Tchad, Burkina Faso, Niger) d’ici à 2100, l’augmentation des évènements climatiques violents et la réduction globale des ressources en eau. Ainsi, à l’image des autres pays africains, le Burkina Faso demande aux pays riches considérés comme les plus pollueurs de tenir leurs promesses d’aide financière de 100 milliards de dollars par an dès 2020 au continent pour faire face à l’urgence écologique. A côté, il y a la réduction des émissions carbone liées à l’activité humaine d’ici à 2030, la réduction de 50 % des émissions ; d’ici à 2050, la neutralité carbone. Cet engagement devrait permettre de limiter la montée des températures à 2 degrés ou 1,5 degré.

Daouda KINDA

NB: Cette histoire a été produite par Climate Tracker

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