Climat, Environnement

COP26 : Le fonds d’intervention pour l’environnement du Burkina Faso en opération de charme

A la COP 26 qui se tient actuellement à Glasgow en Ecosse, le Burkina Faso est en opération de charme pour espérer obtenir des partenaires plus de financements extérieurs au profit du fonds d’intervention pour l’environnement (FIE), créé en 2013 pour faire face au péril climatique et aux défis environnementaux.

Initiatives finance climat du FIE, c’est l’activité organisée par le fonds d’intervention pour l’environnement, mardi, au pavillon climatique de la Francophonie à Glasgow. Un événement pour séduire les partenaires à financer davantage les actions du FIE. Une véritable opération de charme.

Au pavillon climatique de la Francophonie, ils étaient nombreux les délégués et partenaires qui ont suivi, mardi le plaidoyer du FIE. L’équipe de plaidoyer était conduite par le Ministre de l’environnement, de l’économie verte et du Changement climatique Siméon Sawadogo. 

« L’objectif principal de cette activité est de présenter les actions du FIE en matière de préservation de l’environnement et de lutte contre les changements (adaptation et atténuation) et susciter des partenaires pour le financement des projets », a déclaré Dr. Jean-Marie Sourwema, Directeur Général du FIE.

Le Burkina Faso, à l’instar de nombreux pays sahéliens, est confronté depuis quelques années à d’énormes problématiques et défis de gestion durable de l’environnement et des ressources naturelles.

Selon le gouvernement burkinabè, la dégradation continue des massifs forestiers et écosystèmes du pays a été estimée à environ 250.000 hectares en moyenne chaque année. Cette situation serait due entre autres aux effets néfastes des changements climatiques et les pressions anthropiques diverses exercées sur les ressources naturelles (orpaillage anarchique, divagation des animaux, la coupe abusive du bois, occupation des aires protégées etc :).

Le FIE pour faire face aux changements climatiques

Cette dégradation a eu pour conséquences la régression du couvert végétal et la fragilisation des écosystèmes ; la baisse et la perte de la fertilité des terres ; l’insécurité alimentaire, la perte des emplois et des revenus des populations vivant au dépend des ressources naturelles ; les conflits entre les différents utilisateurs des terres ; la perte de la diversité biologique ; l’accentuation des effets des changements climatiques, etc…

On estime à 760 milliards de FCFA (1161082745 d’euros), soit environ 20 % du PIB les pertes annuelles liées à la dégradation de l’environnement au Burkina Faso. Sur le plan social, ces impacts négatifs touchent particulièrement les ménages les plus pauvres qui tirent la majorité de leurs revenus de l’agriculture, de l’élevage et des ressources naturelles en général.

Face à cette situation, le Burkina Faso a développé plusieurs initiatives dont la création en 2013 du FIE pour répondre aux enjeux environnementaux du pays. Le but premier de cet instrument financier est d’appuyer la réalisation des objectifs environnementaux du pays en termes de cadre de vie, de gestion durable des ressources naturelles et de modes de croissance assurant un développement durable.

81 projets financés dans les domaines des changements climatiques

Dr. Jean-Marie Sourwema, Directeur Général du FIE, a déclaré que le FIE a financé depuis sa création 370 projets dont 81 dans les domaines des changements climatiques et une centaine portée par les organisations féminines. Il a contribué à financer 32 communes du Burkina Faso à hauteur de 9 116 451 euros pour des investissements destinés à réduire la déforestation dans le pays.

En 2017, une étude menée au Burkina Faso montre que le FIE a permis de créer 178,54 ha de forêt à travers les activités d’aménagement forestier, de récupérer 11 169 ha de terres et de mettre en terre 377 390 plants.

Le FIE a permis de créer 178,54 ha de forêt (Ph. FIE)

Pour la période 2021-2025, le fonds entend mobiliser des ressources additionnelles pour le financement de ses initiatives et projets à fort impact sur les effets néfastes des changements climatiques et le développement d’une économie verte prenant en compte le genre et les normes environnementales et sociales.

Ses ressources sont constituées en majorité par les subventions ; les contributions des partenaires techniques et financiers ; les contributions mobilisées auprès des mécanismes financiers et les contributions ou les financements délégués par des projets et programmes.

« Faire face aux changements climatiques requiert des financements énormes »

A travers cette opération de charme à la COP 26, l’ambition du Burkina, selon le Ministre Siméon Sawadogo, c’est de réussir l’accréditation au Fonds vert pour le climat (FVC) pour mobiliser plus de ressources pour des projets à impact et être un partenaire fiduciaire des mécanismes de financements internationaux. Dans le processus d’engagement avec le Fonds Vert pour le Climat, le Burkina Faso a mis en place un secrétariat exécutif du Fonds Vert pour le Climat (SE-FVC/BF). Avant de venir à la COP 26, le secrétariat exécutif pour le Fonds Vert Climat Burkina a tenu en septembre dernier une rencontre pour « harmoniser les points de vue, faire en sorte qu’il y ait une synergie d’actions pour atteindre les objectifs fixés pour avoir les Fonds Verts Climat ».

« Au Burkina Faso, nous avons aujourd’hui un portefeuille de près de huit projets, et nous avons trois projets en écriture. Nous pensons qu’avec cela, nous devons faire en sorte que les conditionnalités et les différentes exigences qui ont été demandées par le Fonds Vert Climat, nous puissions effectivement faire en sorte que cela soit réalisé », avait déclaré le ministre de l’environnement, de l’économie verte et du changement climatique, Siméon Sawadogo à cette occasion. 

Au Burkina Faso, la mobilisation de la finance climat est considérée comme l’une des principales mesures d’atténuation pour faire face aux risques inhérents à l’urgence. Car, selon le ministre Sawadogo, « faire face aux changements climatiques requiert des financements énormes et cela ne saurait être possible sans une réelle synergie entre les acteurs gouvernementaux, les collectivités territoriales, le secteur privé, la société civile et les partenaires techniques et financiers ». La délégation du Burkina Faso à la COP 26 espère que son plaidoyer aura un écho favorable et que ses objectifs seront atteints.

Daouda KINDA

NB: Cet article a été produite par Climate Tracker

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