Climat, Environnement

COP 26: Le Burkina Faso va renforcer son adaptation climatique avec LoCAL

L’opération de charme entamé par le Fonds d’intervention pour l’environnement ( FIE ) du Burkina Faso à la COP 26, produit déjà ses résultats. 176 000 dollars, environ 98 millions FCFA, c’est le fruit du partenariat conclu entre le FIE et le Fonds local de logement adapté au climat ( LoCAL), un mécanisme mis en œuvre par le Fonds d’équipement des Nations Unies (UNCDF) pour favoriser le financement local de la résilience au changement climatique.

« Je salue la signature réussie du protocole d’accord et la Lettre d’entente aujourd’hui entre le Burkina Faso et l’UNCDF, marquant le début du projet », a déclaré le Ministre burkinabè de l’environnement, de l’économie verte et du changement climatique Siméon Sawadogo. 

C’est ce vendredi 5 novembre 2021 alors que les négociations sur le climat avancent à Glasgow que M. Sawadogo a signé avec la secrétaire exécutive de UNCDF, Preeti Sinha, le Protocole d’accord et de la lettre d’accord du LoCAL. Ainsi, cet accord qui lie les deux parties permet au Burkina Faso de renforcer la résilience et s’adapter au changement climatique. 

Le pays rejoint ainsi plusieurs autres Etats africains dont le Bénin, premier pays d’Afrique à mettre en œuvre LoCAL. Selon le gouvernement burkinabè, c’est au regard des résultats majeurs engrangés et l’engagement du Burkina Faso au plus haut niveau que le pays a été priorisé parmi les autres pays dans la phase de cadrage pour lancer sa phase pilote avant la fin du 2021.

Trois municipalités bénéficiaires

« D’un coût total de près de 176 000 $, cette phase pilote du dispositif sera mise en œuvre dans trois municipalités sur la période d’octobre 2021 à décembre 2022 », a déclaré M. Sawadogo. Il a indiqué qu’un plan de travail et de budget annuel (PTBA) ainsi qu’un projet d’arrêté de mise en place du comité de pilotage ont été produits afin d’activer rapidement le mécanisme LoCAL.

L’UNCDF a conçu LoCAL il y a une dizaine d’années, en pilotant d’abord le mécanisme de transfert de financement climatique aux gouvernements locaux pour une adaptation dirigée localement en Asie. « Aujourd’hui, LoCAL est devenu un mécanisme mondial de confiance et – en comptant la signature d’aujourd’hui – quelque 27 pays d’Afrique, d’Asie, du Pacifique et des Caraïbes mettent en œuvre ou conçoivent leurs initiatives d’adaptation en utilisant l’approche LoCAL », indique l’UNCDF sur son site internet.

La délégation burkinabè et les représentants de l’UNCDF lors de la rencontre (Ph. UNCDF)

Pays sahélien dépourvu de débouché maritime et situé au cœur de l’Afrique occidentale, le Burkina Faso est durement éprouvé par le changement climatique avec des températures en hausse, des chutes et des régimes de précipitations imprévisibles ainsi que des événements météorologiques extrêmes. Le pays est confronté à l’avancée du désert, des inondations et une insécurité alimentaire. Selon le gouvernement burkinabè, « on estime à 247 145 hectares de forêt perdue chaque année ».

“Les gouvernements locaux peuvent être un allié puissant

Les dirigeants mondiaux ont ouvert la COP 26 le 1er novembre à Glasgow et les négociations sont en cours. L’une des principales questions à l’ordre du jour est celle du financement climatique et de la manière d’étendre la prestation aux communautés et aux pays qui ont le plus besoin de soutien. Dans le combat pour l’adaptation au changement climatique, LoCAL entend aider les autorités burkinabè à accéder au financement climatique, au renforcement des capacités et au soutien technique dont elles ont besoin.

« Les gouvernements locaux peuvent être un allié puissant dans la promotion de l’adaptation au changement climatique et la construction de communautés résilientes, car ils comprennent les besoins locaux, sont les premiers intervenants au changement climatique et ont le mandat d’entreprendre les investissements d’adaptation et d’infrastructure de petite et moyenne taille qui peuvent être transformateurs dans la construction résilience communautaire », indique l’UNCDF sur son site internet. 

11 millions de personnes ont bénéficié des actions LoCAL

Le mécanisme LoCAL combine des subventions innovantes pour la résilience climatique (PBCRG), qui assurent la programmation et la vérification des dépenses liées au changement climatique au niveau local, avec un soutien technique et un soutien au renforcement des capacités. « Il est conçu pour renforcer les systèmes financiers et fiscaux nationaux et infranationaux existants, et il utilise l’effet de démonstration pour déclencher de nouveaux flux pour l’action d’adaptation locale », a déclaré l’institution, ajoutant que “grâce à LoCAL, des fonds d’une valeur de plus de 110 millions de dollars US ont été engagés à ce jour dans des actions d’adaptation”.

LoCAL s’est engagé avec plus de 300 gouvernements locaux dans 14 pays d’Afrique, d’Asie et du Pacifique. Selon ses propres chiffres, plus de 11 millions de personnes ont bénéficié des actions LoCAL. Le mécanisme ambitionne d’atteindre 500 millions de personnes une fois que ces activités seront étendues au niveau national. L’UNCDF s’est engagé à développer LoCAL avec l’objectif de doubler la taille de l’installation tous les cinq ans jusqu’en 2030. Au début de 2021, 13 pays supplémentaires ont exprimé leur intérêt à rejoindre LoCAL et sont actuellement soutenus dans la phase de conception préliminaire, prenant le nombre total de pays LoCAL à 27.

Daouda KINDA

NB: Cette histoire a été produite par Climate Tracker

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