Climat, Environnement

COP 26 : des Africains estiment que “les pays développés n’ont pas été à la hauteur”

Les rideaux sont tombés, samedi 13 novembre 2021 à Glasgow en Ecosse, sur la 26e conférence des Nations unies sur le climat (COP 26). Après 2 semaines, les négociateurs sont parvenus à adopter le « pacte de Glasgow » visant à accélérer la lutte contre le réchauffement de la planète. Même si des avancées sont notées, des Africains ont manifesté leur frustration face au résultat de la COP 26.

Pas de nouvelles aides à l’endroit des pays pauvres qui exigeaient une compensation financière conséquente pour les pertes et dommages qu’ils subissent en raison du dérèglement climatique. Les pays pauvres s’attendaient à ce que les pays riches dont les émissions sont principalement responsables des changements climatiques honorent leur engagement à mobiliser 100 milliards de dollars par an à partir de 2020 pour faire face aux effets néfastes du changement climatique. En 2019 l’ensemble des aides versées par les pays riches aux pays moins développés est estimé à 79,6 milliards de dollars selon le dernier bilan publié par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) en septembre

“Les pays développés n’ont pas été à la hauteur”

Déception du groupe africain.  « Nous sommes déçus, c’est le moins que l’on puisse dire », a réagi Keriako Tobiko, ministre kenyan de l’environnement. Pour Aïssatou Diouf du Réseau action climat, « les pays développés n’ont pas été à la hauteur de l’urgence climatique ». Caumouth Alban Koissi, représentant en Côte d’Ivoire de l’ONG Page verte internationale, a déploré sur Radio France internationale (RFI) qu’en matière d’aide aux pays du Sud, les grandes puissances n’aient pas respecté leurs promesses passées, ni même adopté le mécanisme de réparation pour pertes et préjudice. Un principe de solidarité qui fait selon lui cruellement défaut.

Les pays africains doivent mieux préparer les négociations des conférences mondiales pour le climat, estime le Vice-président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

Plusieurs points ont été discutés à l’occasion de la COP 26. A Glasgow, les négociateurs ont planché, entre autres, sur l’élimination progressive du charbon, la protection des communautés vulnérables de l’impact du changement climatique et le respect de l’engagement de 100 milliards de dollars de financement climatique pour soutenir les pays en voie de développement. 

“Nous pouvons y arriver” 

Selon le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres les objectifs n’ont pas été « atteints lors de cette conférence ». Toutefois, il ne perd pas espoir. « Le chemin du progrès n’est pas toujours une ligne droite. Il y a parfois des détours. Il y a parfois des fossés (…) Nous n’atteindrons pas notre destination en un jour ou une conférence. Mais je sais que nous pouvons y arriver », a-t-il dit. Tout comme lui, le président de la COP26, Alok Sharma, s’est dit « profondément désolé » et a regretté des changements de dernière minute demandés par la Chine et l’Inde sur la question des énergies fossiles.

L’Inde a en effet demandé de modifier le texte final de l’accord pour dire « réduire progressivement » plutôt que « éliminer progressivement » l’énergie au charbon. Ce pays a défendu le droit des pays en développement à « un usage responsable » des énergies fossiles, principale cause du réchauffement climatique. Même s’il comprend « la profonde déception », Alok Sharma pense qu’il est « également vital que nous protégions cet accord ».

“Nous pourrons vivre avec les paragraphes”

Il faut noter toutefois que le pacte de Glasgow « exhorte » les pays développés à doubler leurs financements pour l’adaptation d’ici à 2025. Malgré les désaccords sur les « pertes et préjudices », les différents groupes de pays en développement ont affirmé samedi qu’ils ne bloqueraient pas l’adoption d’une déclaration finale à la COP26. C’est visiblement chose faite même s’ils ne sont pas satisfaits. « Dans un esprit de compromis nous pourrons vivre avec les paragraphes », a déclaré Amadou Sebory Touré, chef du groupe de négociation G77+Chine (plus de 100 pays en développement et émergents) lors d’une plénière sur le projet de texte.

Daouda KINDA

NB: Cette histoire a été produite par Climate Tracker

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