Climat, Environnement

Burkina : protéger la couche d’ozone grâce aux réfrigérants « verts »

Après son lancement officiel le 16 septembre 2021, le projet ROCA (Refroidissement respectueux de l’Ozone et du Climat en Afrique de l’Ouest et Centrale ) a fait l’objet d’un atelier technique, mercredi 24 novembre 2021 à Ouagadougou. La cérémonie a été présidée par le directeur général de la préservation de l’environnement (DGPE), Désiré Ouédraogo.


Selon les initiateurs du projet, cet atelier vise à partager les grands axes d’intervention de ROCA, les objectifs et les résultats attendus. « Il s’agira également de présenter le cadre institutionnel de mise en œuvre et les organes de gestion du projet », a déclaré Pauline Yaméogo, chargée de la coordination technique du projet ROCA. L’atelier sera l’occasion pour les initiateurs du projet de recueillir les contributions et attentes des parties prenantes pour une mise en œuvre réussie. Le lancement protocolaire du projet ROCA est intervenu le 16 septembre 2021 à l’occasion de la célébration de la journée mondiale de la protection de l’ozone.

Pauline Yaméogo, chargée de la coordination technique du projet ROCA

Co-financé par l’Union européenne et le Ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ), le projet  Refroidissement respectueux de l’Ozone et du Climat en Afrique de l’Ouest et Centrale vise à réduire l’impact climatique du secteur du froid. D’un coût global de 6,360 millions d’euros, le projet mis en œuvre par la GIZ en tant que contribution à l’initiative mondiale de l’Union européenne « Global climate change alliance+ » couvre pour sa phase pilote, de 2021-2024, le Burkina Faso, le Mali, le Sénégal et le Cameroun.

Si ce projet est mis en œuvre, c’est parce que les chiffres sont inquiétants.
Selon le CLASP (Collaborative Labelling and Appliance Standards Programme), le marché des climatiseurs split neufs en Afrique a augmenté d’environ 5 % par an depuis 2016. En 2018, la taille du marché des conditionneurs d’air unitaires (RAC en anglais) en Afrique était estimée à environ 2,8 millions d’unités. Selon le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), le stock mondial total de climatiseurs devrait passer de 660 millions d’unités en 2017 à plus de 1,5 milliards d’unités en 2030, tandis que le stock de réfrigérateurs doublera pour atteindre près de 2 milliards d’unités en 2030.
Ce nombre croissant de RAC, selon un rapport du CLASP, contribuera à augmenter la demande d’énergie ainsi que l’utilisation de frigorigènes, dont beaucoup sont néfastes pour la couche d’ozone et le climat à l’échelle mondiale. Le même rapport précise que les RAC contenant du Chlorodifluoromethane (HCFC-22) représentent encore près de la moitié des ventes de RAC sur le marché africain (47 %).

Photo de famille

La mise en œuvre du ROCA devra permettre de promouvoir un refroidissement respectueux de l’environnement et à accélérer la mise en conformité avec les obligations de l’Amendement de Kigali, qui prévoit l’abandon progressif des gaz de type hydrofluorocarbones. « Ces substances participent à la destruction de la couche d’ozone et au réchauffement climatique », a indiqué Désiré Ouédraogo, directeur général de la préservation de l’environnement. Selon lui, les réfrigérants naturels se présentent comme une alternative viable car « le froid est indispensable à la vie ». Il a assuré de l’engagement du gouvernement burkinabè dans la mise en œuvre du projet qui participe moins à la « destruction de la couche d’ozone et au réchauffement climatique ». La mise en œuvre du projet se fera, a-t-il dit, de concert avec la GIZ et le Bureau national ozone du ministère en charge de l’environnement. « Nous allons accompagner le projet et les acteurs engagés dans sa mise en œuvre afin qu’ils puissent s’en approprier pleinement », a assuré Désiré Ouédraogo.
Co-financier du projet, l’Union européenne juge très capital le projet ROCA. La Délégation de l’Union européenne a mis la lutte contre les changements climatiques et la destruction de la couche d’ozone dans ses priorités, a indiqué Patrick Houben, Chargé de programme « Développement Rural Environnement ». « Nous sommes satisfaits de voir que ce projet débute très bien », a-t-il déclaré, espérant que d’ici 3 ans les résultats attendus seront atteints.
Par Daouda KINDA

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