Agriculture, Elevage

Enregistrement des exploitations agricoles: les acteurs mobilisés pour réussir le projet

Au Burkina Faso, des agriculteurs et d’autres acteurs intervenant dans le développement rural tiennent ce mercredi 15 décembre 2021 à Ouagadougou un atelier national d’information et de sensibilisation sur le projet d’enregistrement des exploitations agro-sylvo-pastorale, halieutiques et faunique. La cérémonie d’ouverture de cette activité initiée par la Chambre nationale d’agriculture (CNA) a été présidée par le gouverneur de la région du Centre, Sibiri De Issa Ouédraogo.

Après son lancement le vendredi 19 mars 2021 à Ouagadougou par l’ex ministre en charge de l’Agriculture, Salifou Ouédraogo, les opérations d’enregistrement des exploitations agro-sylvo-pastorales, halieutiques et fauniques sont entrées dans leur phase active.

Cette innovation qui marque une reconnaissance de statut d’exploitant agricole constitue une avancée notoire dans le processus de modernisation de l’agriculture au Burkina Faso. « Il participe à la professionnalisation et à la valorisation des métiers agricoles », a soutenu le président de la Chambre nationale d’Agriculture (CNA). Moussa Koné a relevé que cela est « non seulement importante pour une meilleure contribution du secteur agricole à l’atteinte de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, mais aussi pour le développement socioéconomique du pays ».

Le président de la Chambre nationale d’Agriculture (CNA), Moussa Koné

Cet atelier dont l’importance est d’informer et de sensibiliser les acteurs sur le projet d’enregistrement des exploitations vise surtout à susciter leur forte adhésion et implication dans sa mise en œuvre. 

 La réussite du processus d’enregistrement est devenue un impératif, foi du président de la CNA. Il faudra donc, a-t-il martelé, accélérer la mise en œuvre. Car selon la législation en vigueur « seules les exploitations enregistrées peuvent bénéficier de subventions ou de toute autre forme d’aide de l’Etat ou des collectivités territoriales ».

Sanoussi Bouya Sylla, président de l’Assemblée permanente des Chambres d’agriculture du Mali

Ainsi, Moussa Koné milite pour l’organisation d’opérations d’enregistrement massif des exploitations en vue de booster l’enrôlement des producteurs et leur permettre d’être en phase avec les textes.

Au Burkina Faso, 86% de la population tire son revenu dans le secteur agricole. Et les secteurs agro-sylvo-pastorale, halieutiques et faunique participent à hauteur de 40% à la formation du Produit intérieur brut (PIB).

C’est pourquoi, selon Sibiri De Issa Ouédraogo, gouverneur de la région du Centre le pays a entrepris depuis 2015 de professionnaliser le secteur agricole. « Dès lors, les chambres d’agriculture n’ont ménagé aucun effort pour rendre opérationnelles les formalités liées à l’enregistrement des exploitations », a déclaré le gouverneur.

Sibiri De Issa Ouédraogo, gouverneur de la région du Centre

Pour lui, il est plus que nécessaire que le métier d’exploitant agricole soit suffisamment valorisé et professionnalisé. « C’est ainsi que l’enregistrement des exploitations agro-sylvo-pastorales, halieutiques et fauniques vient définir la place du métier d’exploitant agricole dans le paysage des métiers au Burkina Faso », a-t-il poursuivi.

Au Sahel, le Burkina Faso est pionnier dans l’enregistrement des exploitations agricoles et la délivrance des cartes professionnelles d’agriculteurs. Et l’expérience burkinabè, bien que récente, inspire déjà d’autres pays notamment le Mali et le Niger.

Sanoussi Bouya Sylla, président de l’Assemblée permanente des Chambres d’agriculture du Mali

« Si nous réussissons à faire l’enregistrement des exploitations agricoles, nous aurons réussi notre mandat de 5 ans », a déclaré Sanoussi Bouya Sylla, président de l’Assemblée permanente des Chambres d’agriculture du Mali. Pour ce dernier, le programme d’enregistrement des exploitants n’est pas seulement primordial pour le Burkina seulement, mais pour tous le Sahel.

Car 80% des populations du Sahel sont agriculteurs. « Nos 3 pays ne peuvent réussir leur développement qu’avec un plan Marshall dans le domaine agricole. Et la base de ce plan Marshall c’est l’enregistrement des exploitations agricoles », a-t-il dit.

Par Daouda KINDA

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