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Evaluation de la dégradation des terres de pâturage : une méthodologie d’évaluation participative développée

Dans le cadre du suivi et de l’évaluation des pâturages et des parcours, le projet PRAGA a développé une méthodologie participative pour l’évaluation de la dégradation des terres de pâturage et de gestion durable des terres. Ladite méthodologie a été présentée, vendredi 26 juin 2020 à Ouagadougou au cours d’un atelier dont l’objectif est de développer une stratégie d’engagement des acteurs au niveau central à l’intégration de la méthode testée dans les évaluations des pâturages.

Au Burkina Faso, le sous-secteur de l’élevage constitue un élément déterminant de la croissance économique et de la lutte contre la pauvreté au Burkina Faso. Il contribue à hauteur de 14 à 20 % à la formation du PIB et procure 25 % des recettes d’exportation. L’une des caractéristiques de cet élevage est la pâture sur de grands espaces. Ce système d’élevage extensif avec la mobilité du bétail comme alternative à la variabilité des ressources pastorales répond à une logique d’optimisation de l’exploitation des parcours par le principe de répartition de la charge animale sur l’ensemble de l’espace pastoral. A l’échelle National, à en croire Rimwaogo Hamado Ouédraogo, le directeur général de l’aménagement des espaces pastoraux, 40% des terres pastorales utilisées dans les systèmes extensifs sont dégradés. Les facteurs imputables à ce niveau élevé de dégradation des terres sont entre autres, l’augmentation du cheptel et de la population humaine, la récurrence accrue des années sèches, les sécheresses prolongées et la distorsion des droits fonciers, qui contribuent aux pratiques défavorables entraînant la dégradation des terres. « La dégradation continue des terres constitue un risque énorme des moyens d’existence des éleveurs.

Les participants à l’atelier

D’où les efforts consentis par la recherche pour évaluer la santé des pâturages et des aires de parcours. Mais ces évaluations scientifiques bien que pertinentes, méritent d’être améliorées avec les points de vue des utilisateurs/gestionnaires des pâturages et systèmes pastoraux », a noté Jacques Somda, chef de programme de l’union internationale pour la conservation de la nature au Burkina.
Ainsi, la FAO et l’Union internationale pour la conservation de la nature en collaboration avec les ministères en charge des ressources animales de 5 pays (Burkina Faso, Niger, Kenya, Kirghizistan et Uruguay) ont conçu le projet (PRAGA) « Évaluation participative de la dégradation des terres et de la gestion durable des terres des pâturages et des espaces pastoraux » pour améliorer les systèmes nationaux d’évaluation des pâturages et des systèmes pastoraux. Ledit projet a développé une méthodologie participative pour l’évaluation de la dégradation des terres de pâturage et de gestion durable des terres. « Cette méthodologie a été testée avec succès et avec des résultats probants au Burkina Faso dans le paysage Mogtedo-Boudry dans la province du Ganzourgou. Elle a montré la valeur ajoutée de faire participer les utilisateurs des pâturages et des parcours à l’évaluation de leur santé et à la gestion durable des terres en mettant en exergue les savoirs endogènes », a souligné le directeur général de l’aménagement des espaces pastoraux, Rimwaogo Hamado Ouédraogo. Il a précisé que l’objectif de cet atelier est de développer une stratégie d’engagement des acteurs au niveau central à l’intégration de la méthode testée dans les évaluations des pâturages. De façon spécifique, il s’agit de faire connaitre la méthodologie et les résultats de l’évaluation participative des pâturages à un plus grand nombre et une diversité d’acteurs nationaux; d’enrichir avec ces acteurs nationaux les bonnes pratiques de la gestion durable des terres (GDT) identifiées par les acteurs communaux et régionaux et applicables dans les zones pastorales et les parcours afin d’influencer les politiques et stratégies nationales de GDT et d’outiller les parties prenantes pour porter un plaidoyer auprès des pouvoirs publics centraux et décentralisés. « Nous espérons mobiliser le maximum d’acteurs au niveau national pour promouvoir la participation des éleveurs, agriculteurs, exploitants forestiers, miniers, etc. à l’évaluation de la santé des parcours et pâturages au bénéfice de l’élevage pastoral, un maillon important de l’économie du Burkina », a conclu Jacques Somda.

Par Daouda KINDA

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